mercredi 23 novembre 2016

"Ecouter pour que les enfants parlent, parler pour que les enfants écoutent" d'Adele Faber et Elaine Mazlich



Des fois on traverse des zones de turbulences en famille et le bon sens ne suffit plus. D'ailleurs, le bon sens, c'est comme le bon goût et le sens de l'humour, tout le monde pense l'avoir !
J'enchaîne en ce moment les lectures sur le développement de l'enfant, les neuro-sciences et la communication non-violente (mal nommée mais là n'est pas le sujet).
Je puise conseils pratiques et méthodes applicables immédiatement pour améliorer l'ordinaire de ma maisonnée.
N'allez pas croire que j'ai un gamin ingérable mais quand la crise survient (et elle survient toujours un jour ou l'autre), mieux vaut gérer ça posément pour éviter de sortir des horreurs qu'on regrette après.
Ce livre est devenu culte, ayant traversé les éditions et les années. J'avoue avoir eu un peu de mal à entrer dedans, je le trouvais un peu trop démago. Et puis finalement, j'ai laissé tomber mes préjugés et bien m'en a pris. La lecture est facile et rythmée par des illustrations. Son message est simple : les enfants ne sont pas des problèmes à corriger.
Les chapitres se lisent dans l'ordre mais il est recommandé de faire des pauses afin de bien intégrer les méthodes proposées et de faire des "exercices" :
- aider les enfants aux prises avec leurs sentiments ;
- susciter la coopération ;
- remplacer la punition ;
- encourager l'autonomie
- utiliser les compliments ;
- aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s'épanouir ;
- tout mettre ensemble.
La dernière partie ne m'a pas enthousiasmée plus que ça car il s'agit d'une compilation de courriers de lecteurs reçus par les deux auteurs au fil du temps. Certes, cela peut rassurer de voir que certaines situations sont universelles mais 90 pages, c'est trop (et puis l'auto-congratulation a ses limites...).
Je recommande cette lecture à tous les parents bien sûr, mais aussi à tous ceux qui travaillent de près ou de loin avec des enfants : enseignants, éducateurs, ATSEM, bibliothécaires jeunesse, etc etc.
Une version ado existe mais je pense que les conseils de celui-là sont largement adaptés à plusieurs tranches d'âges.
 
Autre lecture rapide sur le même thème (repérée au boulot) :
 

On retrouve un peu les mêmes conseils mais c'est plus concis. Avec de nombreuses illlustrations. Pas mal non plus même si du coup il n'y avait pas trop de nouveauté pour moi. (JCLattès, 2011)

En ce qui me concerne, sans suivre à la lettre tous les conseils, je constate que ma façon de communiquer a changé et que les grosses crises de colère arrivent de moins en moins souvent.


Editions du Phare, 2015, 398 p.



dimanche 6 novembre 2016

"Career of evil" de Robert Galbraith (a.k.a. J.K. Rowling)



Résumé : Alors qu'elle prend son poste comme chaque matin, Robin Ellacott reçoit par la poste un colis contenant une jambe de femme. Passé le choc, Strike comprend que c'est lui qu'on cherche à atteindre. Il se met alors en quête du coupable en plongeant dans ses souvenirs de militaire et dans sa période de cohabitation avec son beau-père qu'il méprise. Le tueur rôde et l'étau se resserre dangereusement autour de Cormoran et de son assistante.



Pourquoi ce livre : parce que j'ai lu les deux premiers tomes !



Avis : Je retrouve avec toujours autant de plaisir le Londres de Robert Galbraith  JK Rowling et de ses personnages. Je vous assure que j'ai essayé de faire durer le plaisir... Vraiment... mais en 3 soirées c'était fini.
L'intrigue se focalise sur le passé de Cormoran Strike puisque potentiellement, 3 sombres individus qu'il a croisé sont capables du pire. Le deuxième opus relatait un crime bien glauque. Là, on a affaire à un serial killer. D'ailleurs quelques chapitres sont relatés de son point de vue ce qui apporte du piquant à l'ensemble.
Comme d'habitude, la psychologie des personnages est très fouillée, même si bien sûr on se concentre sur Cormoran et Robin. Notre héros est obligé de repenser à certaines choses qu'il aurait aimé laisser derrière. C'est d'autant plus riche pour le lecteur qui comprend mieux certaines réactions du détective. Strike est en passe de devenir l'un de mes personnages chouchoux.
L'ensemble est rythmé par des paroles du groupe de heavy metal Blue Oyster Cult (années 70s). C'est le genre de musique de j'affectionne - je connaissais d'ailleurs, ce fut un vrai plus pour ma lecture.
La trame policière passe presque au second plan puisqu'il est beaucoup question de l'évolution de la relation entre Cormoran et Robin, son assistante. Pour ceux qui ne connaissent pas, on n'est pas dans de la romance puisque Robin est fiancée et en passe de se marier. Mais. MAIS. Je ne dirais rien pour ne pas dévoiler le fond du problème (puisque s'en est un). Disons que la fin m'a coupé la chique concernant nos deux protagonistes. Mais J.K. Rowling prévoyant encore 6 ou 7 aventures, il serait dommage de conclure trop vite ! :)
Je l'ai lu en VO donc je n'ai aucune idée de ce que vaut la traduction. En tout cas, la langue anglaise est très belle : "He would have liked it even less had he known how much Strike had liked it". J'aime beaucoup ce genre de tournures. Quelques scènes tendues happent le lecteur mais globalement, comme les deux tomes précédents, l'intrigue prend son temps et se déroule doucement. Et ça me va très bien !
J.K. Rowling ayant été particulièrement occupée cette année, le tome 4 ne sortira malheureusement qu'en 2017. Mais la bonne nouvelle qui permet de patienter, c'est que la BBC va adapter cette série à l'écran. YES !!!

J'ai découvert qu'il existait un site internet consacré à mon enquêteur préféré : http://robert-galbraith.com/


Sphere, 2016, 572 p.

"La Passe-miroirs T1 : Les fiancés de l'hiver" de Christelle Dabos





Résumé : Ophélie est une liseuse. Lorsqu'elle enlève ses gants, elle peut lire l'histoire d'un objet. La jeune fille aspire à une vie tranquille sur son arche et n'ambitionne que de gérer le musée familial. Mais le destin en a décidé autrement. Elle devra épouser un homme qu'elle ne connait pas, en provenance d'une autre arche, la Citacielle. La voici donc partie en direction de sa nouvelle vie, accompagnée de sa tante qui la chaperonne et de son glacial fiancé. Ce qui l'attend remet en cause tout ce qu'elle savait jusqu'à présent : un monde cruel, fait de complots et de tentatives de meurtre. Comment survivre et surtout, à qui se fier ? 

Pourquoi ce livre : Parce que toute la blogosphère en parle. Et pour être honnête, je l'ai repéré en 2013 lorsque Christelle Dabos a gagné le concours pour être éditée et je n'ai jamais pris le temps de le lire.

Avis : Après un démarrage un peu trop lent à mon goût, je me suis laissée happer par cette histoire absolument originale.
Christelle Dabos a su créer un univers très particulier qui n'appartient qu'à elle, hors du temps mais cependant en rapport avec notre monde. Quelque chose s'est passé et a détruit la Terre il y a fort longtemps mais on ne sait pas trop quoi. Le décor tient une place centrale dans ce roman et l'auteur s'attache à nous le décrire avec minutie mais sans lourdeur. Je n'ai eu aucun mal à visualiser la Citacielle et ses différents recoins, le Clairedelune ou même l'arche d'origine d'Ophélie. Tout est très bien pensé et finement amené. Cet univers un brin désuet et empli de magie n'a pas son pareil.
La psychologie des personnages est aussi très fouillée et Ophélie marque le lecteur pour longtemps. Atypique dès les premières descriptions, elle gagne en maturité au fil des pages et c'est un régal de la voir évoluer et s'endurcir.
Sa tante et Thorn finissent de compléter mon trio préféré mais la galerie de personnalités que la jeune fille croise vaut le détour.
L'ambiance à la Citacielle a des relents d'égout et de pourriture, les complots et les coups bas faisant partie du quotidien. Ce premier tome nous laisse entrevoir plus d'explications sur les différentes familles qui se partagent les bonnes grâces (ou la disgrâce !) de l'esprit de famille. On est aussi oppressé je pense qu'Ophélie et certains passages très durs ou très cruels ne sont pas pour les plus jeunes. D'ailleurs, une des éditions poche est disponible chez Folio.
Je me suis régalée lors de cette lecture même si à un certain moment j'ai commencé à trouvé l'accumulation de mésaventures un peu trop pesante.
J'ai hâte de découvrir la suite et de voir la rélation d'Ophélie et Thorn évoluer. Quels sombres secrets cache-t-il donc celui-là ?


Gallimard jeunesse, 2013, 528 p.





vendredi 21 octobre 2016

"Les chroniques de Mackayla Lane t1 : Fièvre noire" de Karen Marie Moning



Résumé : Mackayla Lane vit une existence paisible dans sa petite ville de Georgie, entre des parents aimants et une grande sœur dont elle est très proche. Quand cette dernière meurt dans d'atroces circonstances alors qu'elle étudiait à Dublin, Mac se précipite de l'autre côté de l'Atlantique. Décidée à faire la lumière sur ce meurtre, elle n'a pour seul indice que le dernier message laissé par sa sœur sur son téléphone. Sur le sol irlandais, la jeune femme va découvrir qu'elle est en fait une side-sheer, c'est-à-dire qu'elle possède le pouvoir de voir les faë parmi les humains.


Pourquoi ce livre : récupéré par hasard, j'en avais entendu parler il y a très longtemps quand je me renseignais sur ce qu'était la bit-lit.


Avis : Lecture "entre deux", j'avoue que je n'attendais pas grand chose de cette histoire. Je ne suis pas très attirée par les histoires de "fées" ou "faës" comme il est ici question et j'ai passé ma période bit-lit. Mais je me suis laissée tenter, surtout pour me faire ma propre opinion. Car c'est, paraît-il, un classique du genre.
Verdict : sans plus. Pas catastrophique mais vraiment sans plus. C'est plutôt bien écrit, ce qui vaut la peine d'être précisé. Et surtout, malgré la trame sombre, il y a beaucoup d'humour et de bons dialogues.
Mais j'ai eu du mal à m'intéresser à l'univers créé par l'auteur. L'intrigue a le mérite de se dérouler à Dublin, ce qui est un peu "exotique" mais j'ai eu l'impression que l'auteur n'y avait jamais mis les pieds. Pas que je connaisse cette ville comme ma poche, mais ce sont toujours les 2-3 mêmes endroits qui ressortent. Pareil sur la culture irlandaise. Même si la trame est basée sur le folklore celte, j'aurais aimé plus de précisions, plus de détails. L'histoire des objets Seelie ou Unseelie (faë de lumière ou faë noire) est plutôt bien trouvée et en bonne bibliophile que je suis, c'est un plus de savoir que l'objet le plus maléfique est un grimoire. :)
Concernant les personnages, je tiens à réhabiliter celui de MacKayla qui a si souvent été décriée sur internet (d'après les blogs que j'ai pu lire après ma lecture). Trop superficielle, trop naïve. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce jugement tranché. D'accord, sa passion est d'accorder son vernis à ongles à la couleur de sa jupe MAIS, c'est au début, quand elle ne se doute de rien.
Quant à Jéricho Barrons, il est là pour faire le beau brun mystérieux qui visiblement est obligatoire dans ce type de roman. C'est tellement lu et relu !!! Rien d'original sous le soleil. Bien évidemment qu'il n'est pas ce qu'il semble être.
Je n'ai pas spécialement envie de lire le tome 2, je ne suis pas dans un état d'impatience insoutenable. Même si le décor celte change un peu, le fond de l'histoire sent le réchauffé (le bien contre le mal, rien que ça). Mais ça se lit !




J'ai Lu, 2013, 420 p. (lu sur ma liseuse)



mercredi 12 octobre 2016

"Hellraiser" de Clive Barker




Résumé : Julia et Rory s'installent dans leur nouvelle maison. A l'étage, une pièce plus sombre et plus froide attire irrésistiblement la jeune femme. Elle y découvre le spectre de son amant qui n'est autre que son beau-frère. Celui-ci s'est échappé d'un monde dans lequel il était retenu prisonnier et où il a subit des tortures sans fin. Pour revenir à la vie et se reconstituer un corps, il réclame à Julia du sang.

Pourquoi ce livre : J'ai toujours été intriguée par le personnage de Pinhead.

Avis : Court roman s'il en est (160 pages), Hellraiser est à l'origine d'une série de films gores cultes des années 80s. Tout le monde j'en suis sûre a déjà vu la tête de Pinhead.
Première impression : le roman est dans l'ensemble plutôt modéré, quelques scènes restant cependant assez répugnantes. Amis du dépeçage, bonjour ! C'est surtout l'ambiance pesante qui happe le lecteur. Ainsi Julia qui attire des hommes dans son piège. Kirsty qui épie ce qui se passe dans cette maison maudite. Et Rory, qui ne se doute de rien. Phrase mythique : "Viens voir papa !" (brrrrrrrrrrrrr !).
On n'apprend finalement pas grand chose des Cénobites, ces êtres venus d'une autre dimension (des Enfers ?) et on ignore relativement tout du sort réservé à ceux qui les appellent. Alors bien sûr, l'état de Frank laisse supposer une suite sans fin de tortures plus ou moins raffinées. La tête des Cénobites est ainsi un bon indicateur de leurs activités (mutilations en tout genre). Je suppose qu'ils poussent le sado-masochisme à son paroxisme et que Christian Grey peut aller se rhabiller vite fait. C'est la même chose pour l'origine de la boîte à musique créée par Lemarchand. Pourquoi ? Quand ? Comment ? Le lecteur n'a pas de réponse non plus. D'ailleurs Pinhead, qui est - sans jeu de mot - la tête d'affiche de la série de films, n'apparaît finalement que fort peu.

Ceux qui connaissent l'existence de la boîte et qui veulent l'ouvrir cherchent des plaisirs qu'ils ne sont pas susceptibles de trouver dans leur vie terrestre. Mais tout plaisir s'accompagne de douleurs sans fin. Comme personne ne revient après ouverture, aucun témoignage ne peut mettre en garde ces malheureux. Le secret de la boîte s'échange entre connaisseurs.
Je regrette quand même la morale simpliste : tout péché sera puni.
Le gore et moi, ce n'est pas du tout une histoire d'amour donc je me passerai sans problème de l'adaptation cinématographique. Je ne regrette pas cette lecture mais je peux vous garantir qu'à partir de maintenant, je me tiendrai sagement éloignée de tous les Rubik's cubes et autres casse-têtes en forme de boîte.







Folio SF, 2013, 154 p.

mercredi 5 octobre 2016

"La sorcière dans les airs" de Julia Donaldson et Axel Scheffler



Quoi de mieux pour commencer le Challenge Halloween 2016 qu'un énorme coup de coeur ?
J'ai découvert les histoires de Julia Donaldson et les très chouettes illustrations d'Axel Scheffler avec les aventures du Gruffalo. Et depuis, je dévore tous leurs albums.




Celui-ci est une petite pépite, pleine d'humour et de poésie.
Une sorcière perd son chapeau, sa baguette, son noeud dans les cheveux, ce qui l'oblige à chaque fois à poser son balai magique et à faire de la place pour un nouvel occupant. Mais une menace guette la petite troupe !



Tout me plaît dans cet album et mon fils de 4 ans est également grand amateur. Le texte en rimes apporte énormément de poésie.
"La sorcière était rousse, elle avait une longue tresse, un chapeau noir très haut et un chat plein d'adresse. Le chat ronronnait fort, la sorcière souriait, tandis que dans les airs s'élevait leur balai."
Cerise sur le gâteau : le film d'animation primé au festival d'Annecy en 2013. La trame prend quelques libertés avec le livre mais cela apporte un réel plus à l'ensemble. Les graphismes sont respectés et la poésie aussi. A voir absolument, qu'on soit petit ou grand !




Lecture que j'inscris bien sûr dans le Challenge Halloween 2016 !


Gallimard jeunesse, 2013, 28 p.

vendredi 30 septembre 2016

Les guides pratiques "Votre enfant de 1 à 3 ans" et "Votre enfant de 3 à 6 ans" d'Anne Bacus





Des fois, le bon sens ne suffit plus et on se rend compte qu'on a besoin de prendre du recul sur sa "pratique" de parent.
J'ai deux garçons, l'un de 4 ans et l'autre de 7 mois et j'ai envie que chacun grandisse et s'épanouisse du mieux qu'il peut. J'ai acheté le 1er titre - de 3 à 6 ans - par hasard, en fouinant au rayon "développement personnel" d'une libraire. Et ce guide m'a tellement plu que j'ai acheté son pendant pour les bébés.
La petite section et l'arrivée de son petit frère avaient chamboulé pas mal de choses chez mon aîné et du coup, je suis allée chercher des infos et des conseils.
Découpés en grands chapitres qui décrivent âge par âge le développement psychomoteur de l'enfant, ces deux titres aident vraiment les parents à y voir plus clair.
On est tous plus ou moins exigeants, avec des attentes plus ou moins réalistes et du coup, ces lectures permettent de tempérer un peu tout ça.
Non, à 4 ans un enfant n'est pas encore tout à fait capable de manger correctement. Oui, un enfant de 2 ans est complètement égocentrique et gère mal la frustration.
Ces guides offrent des conseils pour le coucher, les repas, les sorties en famille, la fratrie, l'entrée à l'école, des points précis sur l'autorité et la parentalité positive. L'ensemble est objectif et déculpabilisant car finalement il n'est jamais trop tard pour se remettre en question et changer un peu de cap pour le bien-être de tout le monde.

Si vous êtes parents de jeunes enfants, prof des écoles en maternelle, ATSEM, etc, je ne saurais que trop vous recommander ces lectures. Moi elles m'ont vraiment aidée.




Marabout, coll. Marabout Family et Marabout Poche, 2012 et 2013, 179 p. et 284 p.