jeudi 27 octobre 2011

"La Cité des Ténèbres Tome 1 - La coupe mortelle" de Cassandra Clare



Résumé : Clary, ado New-Yorkaise, vit seule avec sa mère. Lors d'une sortie en boîte avec son meilleur ami Simon, elle remarque un groupe de jeunes gens visiblement armés et poursuivant un garçon dans la réserve de l'établissement. Sans réfléchir, elle les suit et les surprend en plein meurtre. Mais comble de l'étrange, le corps se volatilise et... elle seule peut voir les coupables, invisibles aux yeux des autres. Quand sa mère disparaît à son tour, sa vie bascule définitivement dans un monde dont elle ne soupçonnait pas l'existence : celui des chasseurs d'ombres, des démons et de la cité d'Idris. Elle ne le sait pas encore, mais ce monde est au bord d'une guerre dans laquelle elle aura un rôle à jouer.

Avis : J'ai lu vraiment très vite les 500 premières pages, on est pris dans l'histoire, le rythme est fluide et les personnages intéressants - si ce n'est un peu caricaturaux... Beau ténébreux, meilleur ami charmant, héroïne qui s'ignore, etc. Le monde et la "mythologie" créés par l'auteur sont denses et cohérents. J'ai notamment bien aimé l'idée d'une trève entre chasseurs d'ombres et démons et la cité d'Idris qui ne figure sur aucune carte est très bien introduite. Mais... il y a un gros "mais". Une chose m'a particulièrement déplue, heureusement vers la fin. 

SPOILERS
Le fait que Clary et Jace soient frères et soeurs m'a vraiment écoeurée. C'est peut-être une question de morale mais il n'était pas indispensable de les faire s'embrasser avant la découverte de cette information... Une simple attirance aurait été bien suffisante me semble-t-il. Peut-être découvre t-on dans le tome 2 qu'en fait ils n'ont aucun lien de parenté mais je ne suis pas sûre du coup d'avoir envie de le lire. Ca m'a sincèrement coupé
SPOILER

Du coup comme j'aime bien le style de Cassandra Clare et que  j'ai lu de meilleurs avis dessus, je me suis commandé "The Infernal Devices T1 : Clockwork Prince", prequel victorienne  à sa trilogie de La Cité des ténèbres. Comme y'a du steampunk, ça devrait plus me plaire. En espérant qu'elle ne nous rajoute pas encore un retournement de situation de derrière les fagots...

Pocket jeunesse, 2008, 570 p.

mercredi 19 octobre 2011

Challenge Dystopique chez Prune

Avec un défi steampunk toujours en cours, je me lance dans un nouveau challenge, le CHALLENGE DYSTOPIQUE chez Prune du blog Mon jardin de minuit.






Comme son nom l'indique, il s'agit de lire d'ici au 30 septembre 2012 un certain nombre de romans entrant dans la catégorie "dystopie". Certes, mais qu'est-ce donc ?? Un petit tour sur Wikipédia plus tard... :
 "Une dystopie — ou contre-utopie — est un récit de fiction peignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur et contre l'avènement de laquelle l'auteur entend mettre en garde le lecteur. La dystopie s'oppose à l'utopie : au lieu de présenter un monde parfait, la dystopie propose un des pires qui soit."

J'en ai déjà lu, et des classiques, comme 1984 et Farenheit 451, des plus récents comme Battle Royale et Hunger Games. Mais manquent quand même à la liste quelques références comme Brave New World. Ce sera donc ma première lecture, suivie sans doute d'un roman jeunesse. En effet, la production éditoriale n'en manque pas en ce moment !

Pour plus d'info, rendez-vous chez Prune.

lundi 17 octobre 2011

"Le pendentif de Jade" de Y.S. Lee



Résumé : Mary Quinn, 12 ans, s'apprête à être pendue pour vol. L'angleterre victorienne n'est pas une époque tendre avec les plus pauvres. Alors qu'elle est emmenée en cellule, elle est sauvée par une femme qui l'emmène à l'Institution pour jeunes filles Miss Scrimshaw. Il s'agit en quelque sorte d'un refuge pour jeunes filles égarées qui les remet sur le droit chemin et leur propose de reprendre une place dans la société. Mais cette institution cache en fait une autre activité, The Agency, une agence de renseignements / services secrets où seules des femmes sont admises. Car comme le dit si bien une de ses responsables, les femmes sont considérées comme des moins que rien donc personne ne fait attention à elles ce qui en fait de bonnes espionnes...
Après 5 ans passés à l'institution, Mary est recrutée pour sa première mission. Il s'agit simplement de se faire passer pour une dame de compagnie auprès de la fille d'un homme d'affaire douteux, Mr Thorold. Introduite dans la maison, Mary devra ouvrir l'oeil et guetter des colis en provenance d'Asie. Mais la jeune fille, en manque d'action, décide en dépis des ordres de prendre l'initiative de fouiller le bureau du suspect. Elle tombe par hasard sur un jeune homme en train de faire exactement la même chose. A contrecoeur, ils décident de s'aider dans leurs recherches.

Avis : Le Londres victorien est toujours aussi fascinant et ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est l'accent mis sur la place de la femme dans cette société. Les épouses sont considérées comme étant la propriété de leurs maris (!). En même temps, une femme n'a le droit de travailler en France sans l'accord de son mari que depuis les années 60s... Donc on n'a rien à dire... Mary est une héroïne "classique" de littérature pour ado, c'est-à-dire intelligente et futée, débrouillarde et belle sans le savoir. Ce devient un peu systématique et donc un peu lassant à force. Mais bon, l'histoire tient la route, avec un retournement de dernière minute et des personnages secondaires qui ne sont pas baclés, notamment Angelica, la fille Thorold. Mary découvre des traces de son passé par hasard, ce qui la bouleverse mais lui permet finalement de s'accepter. Je trouve que ces révélations tombent un peu trop comme un cheveux sur la soupe, comme si l'auteur voulait à tout prix nous éclairer sur son héroïne mais ne savait pas trop où caser tout ça. Ses dialogues avec le jeune et beau James Easton sont assez convenus dans le genre "je te desteste mais j'en pince pour toi" mais le côté romance ne prend pas le pas sur l'histoire policière et ne finit pas tout à fait comme on pourrait s'y attendre. Bref, une lecture divertissante, mais sans plus.
Le tome 2 des aventures de Mary à l'Agency est sorti début 2011. Je lirai la suite si le livre est disponible à la bibliothèque, sinon je m'en passerai !

Nathan, collection Grand Format, 376 p., 2010.

jeudi 13 octobre 2011

"Une bonne épouse indienne" d'Anne Cherian



Résumé : Neel a quitté l'Inde et sa famille pour faire de brillantes études de médecine en Californie. Désormais anesthésiste, il partage son temps libre entre sa passion pour le pilotage et sa maîtresse blonde aux yeux bleus, Caroline. Célibataire à 35 ans, sa mère, son père, son grand-père, sa tante... bref, toute sa famille, désespère de le voir marié. A chaque visite qu'il leur rend, tout le monde essaie de lui présenter des filles. En vain. Neel souhaite échapper à cette tradition du mariage arrangé. Mais lorsqu'il se rend au chevet de son grand-père malade, une machination familiale se met en marche et le voilà fiancé, puis marié, à Leila. Fou de rage, il repart aux Etats-Unis avec sa nouvelle femme, bien décidé à demander le divorce rapidement. Mais Leila n'est pas soumise et effacée comme il l'a d'abord cru. Petit à petit, elle va s'affirmer et se faire une place dans ce couple "de façade".

Avis : J'avais très envie de littérature indienne depuis un moment. Attribuons cela au temps maussade qui sévit.
Anne Cherian est américaine, mais elle est née et a vécu très longtemps en Inde. Difficile pour une occidentale de comprendre ce concept de mariage arrangé, où deux personnes se rencontrent par l'intermédiaire de leurs familles et leur font confiance pour se marier. Mais en même temps, cela fait intégralement partie de la culture indienne et d'après l'ouvrage en tout cas, les jeunes gens se laissent facilement guider. En effet, à une époque, il n'était pas rare que 3 générations cohabitent, ce qui nécessitait une grande entente entre eux. Les grands-parents et les parents avaient donc leurs mots à dire sur leur future bru.
Autant Leila est décidée à se prêter à la tradition, autant Neel la refuse en bloc. Les pensées de chacun sont très bien décrites, chaque chapitre alternant les points de vue des deux jeunes époux. Leila a déjà 30 ans, a essuyé plusieurs refus d'époux potentiels et n'est déjà plus attractive sur le "marché du mariage". Son union avec Neel la terrifie mais la remplit de joie en même temps, d'autant plus qu'il est le symbole de la réussite. Elle souffre énormément de la façon dont il l'ignore et la traite en étrangère. Pour Neel, même si Leila est belle et cultivée, elle reste celle qu'on lui a imposé de force et par la ruse. Il la rejette donc violemment et ne peut pas faire d'effort. Il oscille malgré tout en permanence entre son envie d'américanisation et une certaine nostalgie de ses racines indiennes.
Ce livre est très bien écrit, on rentre vraiment dans la tête de Neel et Leila. Il est difficile de ne pas prendre parti pour la jeune femme que son mari ignore, mais on ne peut s'empêcher de le comprendre. J'ai vraiment eu un coup de coeur pour cette très belle histoire qui nous aide à mieux appréhender ce que sont les mariages arrangés.

Traduit de l'anglais par Josette Chicheportiche, Folio, 503 p., 2011.

lundi 3 octobre 2011

Trilogie "The Hunger Games" de Suzanne Collins


Résumé du tome 1 : Dans un futur plus ou moins lointain, les Etats-Unis ont laissé place à la nation de Panem, avec en son centre une capitale richissime et ominipotente, le Capitol. 12 districts l'entourent, chacun ayant une spécialité : la pêche, l'exploitation minière, l'agriculture, la sylviculture... Mais la population de ces districts est pratiquement réduite en esclavage par les élites de Panem qui s'approprient leurs richesses. Pour les maintenir sous leur joug, les dirigeants ont inventé un jeu particulièrement sadique. Chaque année, un garçon et une fille de chaque district, entre 12 et 18 ans, sont tirés au sort pour participer aux "Jeux de la faim". Le principe est simple : enfermés dans un périmètre déterminé, les 24 enfants devront s'affronter jusqu'à la mort et jusqu'au dernier. Et oui, car comme dans Highlander, il ne peut en rester qu'un. Le vainceur gagne l'immunité à vie pour lui et sa famille et de quoi nourrir son district pendant un an. Quand la petite soeur de Katniss Everdeen est tirée au sort, elle n'hésite pas une seule seconde et se porte volontaire pour prendre sa place. L'enfer commence pour elle.

Avis : A la base, j'avais prévu de lire le tome 1 il y a un moment mais au moment de l'acheter, j'ai lu les commentaires clients d'une librairie en ligne et l'un d'eux a particulièrement attiré mon attention. La personne disait que le livre en lui même était très bien mais qu'il n'était qu'une pâle copie de Battle royale de Koushoun Takami. J'ai donc préféré commencer par ce dernier (et bien m'en a pris parce que c'est un pur chef d'oeuvre que je place dans mon top 5 personnel - mais là n'est pas l'objet du post). Et effectivement, même si le tome 1 de The Hunger Games est vraiment bien, qu'on a du mal à arrêter de le lire, ce n'est pour moi qu'une adaptation "junior" de Battle Royale. La psychologie des personnages n'est pas du tout fouillée (mis à part Katniss) et tout va finalement très vite. Impossible pour moi d'avoir un avis objectif, j'ai toujours le chef d'oeuvre de Takami qui me vient à l'esprit. Je reconnais quand même que Katniss est une héroïne comme on aimerait en lire plus souvent, fière, volontaire, réfléchie, avec un côté amazone mais en même temps pleine de faiblesses et d'angoisses.
Le livre pose aussi des questions existentielles : jusqu'où aller sans y perdre son âme ? Quelle est la vraie nature des gens face à ce genre de situation extrême ? Comment aurais-je réagi si j'avais été dans l'arène ?
Les tomes 2 et 3 ne m'ont pas enthousiasmée plus que ça. Je me demande si dès le départ l'auteur avait pensé à une trilogie ou si c'est face au succès du 1er qu'elle a décidé d'écrire les 2 autres... Le tome 2 n'est que la copie du 1 avec des concurrents différents quant au tome 3, on part dans de la science-fiction pure et on s'éloigne franchement de l'univers des 2 premiers.
Je recommande donc le tome 1 qui en littérature ado va devenir un classique, mais je recommande par dessus tout la lecture de Battle Royale qui devrait devenir un classique tout court ! (par contre, fuyez l'adaptation ciné qui est un pur navet malgré la présence au générique de Takeshi Kitano).
Du coup j'ai bien envie de me lancer dans Lord of the flies de William Golding mais j'ai un peu peur de perdre foi en l'être humain après tout ça...

Suzanne Collins, éditions Scholastic. Traduits en français aux éditions Pocket jeunesse.