jeudi 31 mai 2012

"Tout va pour le mieux !" d'Alain Monnier


Résumé : Benjamin cumule les diplômes en économie et en marketing et souhaite ardemment séduire l aplus belle fille de sont école de commerce. Mais ses parents, lassés d'entretenir ce Tanguy en puissance, décident de lui couper les vivres (d'autant plus qu'ils sont de gauche et supportent moyennement d'avoir un fils capitaliste...). Il se tourne alors vers son professeur de fac et mentor pour l'aider à décrocher son premier job. C'est chose faite quand Benjamin rencontre le patron d'un hypermarché qui lui confie le rayon poissonnerie. Tout s'enchaîne et le voilà baladé d'une usine de basket en Chine au désert saoudien, en passant par un paradis fiscal. Sa naïveté désarmante arrivera-t-elle à le sortir des situations ubuesques dans lesquelles il se trouve entraîné malgré lui ?

Avis : Transposition moderne du "Candide" de Voltaire, ce livre ne se prend pas au sérieux. Certains passages frôlent le politiquement incorrect (je pense au passage en Arabie Saoudite), mais en ces temps où la langue de bois est de rigueur, c'est plutôt rafraîchissant.
Il n'y a absolument aucun temps mort, car chaque chapitre nous plonge dans une aventure différente, avec une ou des nouvelles rencontres. Chaque chapitre possède d'ailleurs un titre : "Ce qu'il advient de Benjamin au tribunal", "Où Benjamin écoute les conseils de quatre prix Nobel", "De l'expérience de Benjamin dans l'usine de chaussures", etc.
Bien sûr, le mal suprême est le marché et le capitalisme, à cause de qui chacun ne pense qu'à ses profits et perd le sens de la communauté. Les notions économiques sont vraiment centrales à l'ouvrage. Attention, nul besoin de sortir d'une école de commerce pour comprendre l'histoire. Tout ceci n'est que prétexte pour pousser Benjamin dans des aventures rocambolesques. Les personnages sont tous caricaturaux, mais cela est bien évidemment voulu : le prof de fac qui exploite ses étudiants, le patron qui vire ses cadres de plus de 50 ans pour embaucher des petits jeunes au SMIC, l'esclave saoudienne, le gouverneur d'un paradis fiscal,... Je regrette juste l'histoire d'Astrid, qui n'ajoute vraiment rien. Ce n'était pas la peine de la faire tomber aussi bas dans la déchéance. Et je suis un peu partagée sur la fin, que je ne voyais pas du tout comme cela. Dur d'imaginer le groupe de personnages se mobiliser pour un tel projet.
Il s'agit d'un roman d'apprentissage, où Benjamin, plein de certitudes et de belles idées sur l'économie devra revoir un peu sa copie.
Une lecture très rapide en ce qui me concerne, qui a été divertissante. Mais qui ne m'a pas poussée outre mesure à réfléchir au monde dans lequel nous évoluons.

Flammarion, coll. Etonnantissimes, avril 2012, 191 p.

jeudi 24 mai 2012

"Heartless" de Gail Carriger


Résumé : Lady Alexia Maccon pensait se reposer pendant son dernier mois de grossesse. C'était sans compter sur les vampires de Londres qui lui envoient des porcs-épics zombis pour se débarrasser d'elle et de son enfant à naître. Sans compter non plus sur ce fantôme qui lui parle d'un attentat contre la reine, sur sa soeur qui a rejoint le mouvement des sufragettes et sur Madame Lefoux, en pleine construction d'un drôle d'engin mécanique. Armée de son fidèle parasol, Alexia va donc devoir remettre tout ce petit monde dans le droit chemin.

Avis : Ce livre a un peu pris la poussière sur mon étagère. J'avais été déçue par le tome 3 de la désormais célèbre série de steampunk de Gail Carriger, du coup, j'avais un manque de motivation pour entamer celui-là. Et puis, à l'occasion d'un voyage, j'avais envie d'un roman qui se lise vite. Bien m'en a pris ! On retrouve vraiment la base de ce qui fait le charme des premiers opus. Nous revoilà donc à Londres, Lady et Lord Maccon sont réunis, pour le meilleur et pour le pire, Lord Akeldama et ses drones sont omniprésents et surtout, surtout, il y a du steampunk à gogo. Je rêve de voir ce tome adapté au ciné pour pouvoir apercevoir "en vrai" l'octomaton de Madame Lefoux (en français dans le texte). Je deviens un peu obsédée par les pieuvres et autres octopodidés.
L'intrigue principale ne casse pas des briques puisque le complot contre la reine est noyé par l'affaire Biffy, qui a bien du mal à accepter son nouveau statut de loup-garou et à faire le deuil de son ancienne vie. Heureusement, ce qui se passe avec la ruche de la comtesse Nadasdy vient un peu booster tout ça. Parce que j'aime bien Biffy, mais de là à lui consacrer une grande partie de l'histoire...
On a un peu du mal aussi à imaginer une Alexia enceinte de 8 mois se lançant dans toutes ces aventures sans sourciller, sauf... à 5 pages de la fin. On sait qu'elle n'est pas comme tout le monde mais prendre l'attelage plusieurs fois par jour, manquer tomber du haut d'un immeuble, courir après un monstre mécanique, tout ça, ça vous secoue un peu quand même...
Mais mis à part cet aspect qui m'a fait froncer les sourcils à plusieurs reprises, ce tome part beaucoup moins dans tous les sens que le précédent, qui frôlait souvent le grand n'importe quoi. Du coup, de savoir que le prochain se déroule en Egypte me freine un peu. J'aime beaucoup trop l'environnement londonien ! Et surtout, rendez-nous l'octomaton !!

Lecture que j'inscris bien évidemment dans le défi Steampunk !





Orbit, 385 p., 2002.


jeudi 10 mai 2012

"The help" de Kathryn Stockett


Résumé : Nous sommes en 1962, à Jackson, ville du Mississippi. Les riches familles de blancs font appel à des nounous /  femmes de ménage de la communauté noire pour s'occuper de leurs maisons et de leurs enfants. Les deux communautés ne se mélangent pas, se côtoient mais s'évitent au maximum. Miss Skeeter, fille d'un propiétaire d'une exploitation de coton revient vivre chez ses parents après 4 ans passés à la fac. Elle s'étonne de ne pas retrouver sa bonne Constantine, qui l'a élevée et qui travaille depuis 29 ans dans la famille. Quand elle décroche son premier job au journal local, c'est la panique. En effet, elle doit s'occuper d'une rubrique de questions / réponses sur les tâches ménagères, ce qu'elle est bien loin de maîtriser. Elle décide alors de demander de l'aide à Aibileen, la nounou / femme de ménage d'une de ses amies. Leurs échanges vont avoir des conséquences que ni l'une ni l'autre n'auraient pu soupçonner. 

Avis : J'ai un train de retard sur celui-là, j'ai l'impression que toute la blogosphère l'a déjà lu ! J'ai d'ailleurs vu passer pas mal d'avis assez tranchés, surtout des reproches concernant l'excès de bons sentiments. J'ai même entendu une prof de français dire que c'était de la littérature de gare point de vu style. Bref, un succès incontestable en librairie mais qui n'a pas l'air de faire l'unanimité malgré tout. J'avais envie de lire ce livre quand on a commencé à en parler en France et c'est Mrs Pepys qui a eu la bonne idée de me l'offrir lors du swap "Chocolat et cinéma".
Je l'ai dévoré d'une traite, notamment parce qu'il se lit vraiment très bien. Il n'a pas été facile au départ de rentrer dans le langage parlé de Minny et Aibileen, mais une fois qu'on passe un ou deux chapitres, on s'y fait. J'ai justement beaucoup aimé l'alternance des trois points de vue, qui donnent une vision plus globale de la situation. 
Pour le côté bons sentiments, je n'ai pas spécialement trouvé qu'il y en avait tant que ça. Skeeter, qui est à l'initiative du livre dans le livre (si j'ose dire), le fait avant tout parce qu'elle veut un poste à New York dans l'édition et qu'il lui faut un sujet percutant. Pas par grandeur d'âme ou par charité. En plus, ayant passé 4 ans dans une fac à 200 km de Jackson, en circuit fermé, elle n'a pas toujours idée des conséquences de ses actes et de la gravité de la situation. On voit bien d'ailleurs comment tout l'Etat du Mississippi est complètement isolé par rapport au reste des US. Des nouvelles arrivent de Washington et de Californie, mais c'est comme si les messages passaient à travers une sourdine. J'ai été plutôt étonnée du fait que Skeeter, voulant devenir journaliste, ne soit pas plus au courant de ce qu'il se passe sans son pays... En plus, la fin n'est pas spectaculaire, dans le sens où il n'y a pas un revirement complet des mentalité et où tout le monde découvre qu'il faut s'aimer les uns les autres. Seules quelques timides avancés ont lieu.
On a du mal à croire à la lecture de ce roman choral qu'il se déroule dans les années 60, c'est à dire il y a 50 ans... On a l'impression d'être deux siècles en arrière. La place de la communauté noire est bien abordée, notamment dans la description des différents quartiers qui leur sont "réservés", la solidarité face aux mesquineries des employeurs.
Il y a quelques personnages caricaturaux, notamment Miss Hilly qu'on adore détester et qui représente ce qu'il y a de pire dans la communauté blanche : égocentrée, méprisante et raciste, son apparition canalyse forcément la haine du lecteur. J'ai trouvé aussi Miss Célia n'apportait pas franchement grand chose à l'histoire, en tout cas ce personnage n'est pas assez exploité. J'aurais bien aimé qu'elle croise Skeeter.
C'est une lecture qui a été vraiment plaisante en ce qui me concerne. Maintenant, je pense qu'elle aura plus de raisonnance de l'autre côté de l'Atlantique.

Penguin, 449 p., 2011.

dimanche 6 mai 2012

"Arsène Lupin contre Herlock Sholmès" de Maurice Leblanc



Résumé : Arsène Lupin a du soucis à se faire... Quatre personnes à qui il a dérobé quelque chose, face à l'inpuissance de l'inspecteur Ganimard, écrivent au célèbre détective anglais Herlock Sholmès pour lui demander d'intervenir. Celui-ci débarque à Paris assisté de son fidèle ami Wilson et se donne 10 jours pour rendre les objets volés à leurs véritables propiétaires. L'affrontement Sholmès / Lupin va faire des étincelles puisque chacun est une sommité dans sa spécialité : pour l'un le vol, pour l'autre la traque des malfaiteurs.

Avis : C'est le premier roman de Maurice Leblanc que je lis, mais malheureusement il ne s'agit pas du tome 1, "Arsène Lupin, gentleman cambrioleur", absent des rayons de la librairie quand j'ai voulu l'acheter. Ca n'empêche absolument pas de comprendre l'histoire, puisque celle-ci se déroule plutôt du point de vue de Sholmès. Les deux hommes sont à armes égales car quand l'un prend l'ascendant sur l'autre, un retournement de situation s'opère et remet la balle au centre. Le roman est divisé en deux épisodes, le premier nous fait suivre la Dame Blonde, complice de Lupin, le deuxième nous plonge dans le vol de la lampe juive.
Les intrigues ne sont que prétexte à voir les deux hommes se tourner autour et user de stratagèmes, l'un pour éviter Sholmès, l'autre pour mettre la main sur la cambrioleur. Sholmès est bien évidemment une parodie de Sherlock Holmes, à qui il emprunte des tics de personnalité : raisonnement impressionnant, esprit de déduction, indépendance et méfiance si à vis des forces de l'ordre, goût de la mise en scène... Le pauvre Wilson n'a pas un rôle très important, victime à chaque fois d'une agression qui le laisse sur le carreau.
Je regrette un peu de n'avoir que la version Herlock Sholmès des faits et non pas celle de Lupin. Cela aurait permis de mieux appréhender le personnage et de voir aussi ce qu'il pense du détective. Parce qu'il m'a semblé plutôt arrogant et je voudrais comprendre un peu mieux sa personnalité et ses origines (en espérant que le tome 1 que je vais essayer de me procurer réponde à mes attentes...).
A noter : j'aime beaucoup la couverture.

Le livre de poche, 222 p., 2011, 4,50 €