dimanche 24 juin 2012

"Ma vie avec les chimpanzés" de Jane Goodall


Résumé : Si Diane Fossey est associée aux gorilles, Jane Goodall est indissociable des chimpanzés, autres grands singes d'Afrique. A travers ce récit autobiographique, l'ethologue nous explique comment est venue sa passion des animaux sauvages et comment elle a pu réaliser son rêve : les étudier et travailler à leurs côté au quotidien.
Elle commence bien évidemment par sa jeunesse en Angleterre, heureuse bien que marquée par la guerre. On comprend tout de suite que la faune et la flore sont pour elle une obsession. Toute petite déjà, elle tient des carnets de croquis et d'observation de la nature, elle dresse le chien des voisins, s'occupe des chevaux au haras le plus proche de chez elle. Devenue secrétaire, elle part à Londres pour travailler mais ne renonce pas à son rêve de partir en Afrique étudier les animaux. Toutes les semaines, elle se rend au museum d'histoire naturelle pour prendre des notes et elle accumule toutes les lectures qu'elle peut trouver. Une succession de hasards et de bonnes rencontres lui permettent de concrétiser son voeu le plus cher. Au début des années 60, la voilà qui s'envole au Kenya, qui deviendra sa terre d'accueil ainsi que le lieu privilégié de ses observations. Dès lors, elle n'aura de cesse de faire connaître son travail à travers le monde et de protéger les chimpanzés qui nous ressemblent sur bien des points.

Avis : Cette édition de L'école des loisirs s'adresse à la jeunesse mais le texte en lui-même concerne absolument tout le monde. Au-delà de la première partie autobiographique, Jane Goodall décrit son travail d'observation des chimpanzés et nous montre comment elle a fait pour gagner leur confiance et s'approcher d'un groupe. Comme tout travail avec des animaux, on parle en terme d'années pour arriver à un résultat ! Les singes sont en effet plutôt méfiants. Elle nous parle ensuite de la fondation qu'elle a créée pour faire connaître son travail de protection à travers le monde et ainsi récolter des fonds, notamment pour mettre en place des refuges pour des chimpanzés malades, abandonnés, anciens animaux de compagnie, de cirque...
On découvre également une personne très courageuse (inconsciente ?), qui n'hésite pas à partir seule à 25 ans à peine dans des vallées inexplorées ou alors accompagnée d'un ou deux hommes seulement. Et ce, même quand la guerre éclate dans la République Démocratique du Congo toute proche. Que dire de ses faces à faces surprises avec des léopards et autre animaux sauvages ? Je me demande encore comment elle a fait pour ne pas finir en sandwich pour fauve...
Jane Goodall nous amène aussi à réfléchir sur le statut de l'animal dans nos sociétés et à l'exploitation qu'en fait l'homme : animaux de cirque, animaux sauvages pris comme animaux de compagnie, exploitation par la publicité, par les laboratoire pharmaceutiques, les zoos privés, etc. Evidemment, tout cela a un côté bon samaritain mais à aucun moment on ne tombe dans le misérabilisme. Si vous n'aimez pas spécialement les animaux, cette partie du livre ne vous parlera pas forcément. J'ai un gros côté "Brigitte Bardot" ce qui fait que j'ai été sensible au message diffusé à travers les dernières pages. J'avoue avoir été touchée par le récit qu'elle fait de sa rencontre avec un bébé chimpanzé de quelques mois sur un marché en Afrique. Le petit est destiné à être vendu mais il est dans un état sanitaire déplorable, attaché par une corde à une minuscule cage en fer. Quand Jane s'approche de lui, elle émet le grognement caractéristique des chimpanzés qui se saluent et le singe réagit tout de suite. Cependant, impossible de l'emmener sans encourager le vendeur à en chasser un autre... Que faire ? Tout va bien quand on a des appuis à l'ambassade des Etats-Unis. Je n'en dirai pas plus !
C'est aussi un livre qui transmet un message positif, qui nous incite à réfléchir à ce qu'on fait pour protéger l'environnement au quotidien, les gestes simples qui font un peu avancer les choses. Une fois encore, pas de culpabilisation, ce que j'apprécie.

Pour en savoir plus sur Jane Goodall et son travail, vous pouvez vous rendre sur le site de la fondation Jane Goodall qui a une antenne en France :

L'école des loisirs, 104 p., 2012.

samedi 16 juin 2012

"Métronome illustré" de Lorànt Deutsch


Résumé : Le pari de Lorànt Deutsch : nous faire découvrir l'histoire de la ville de Paris à travers les noms des stations de métro les plus emblématiques. Que s'est-il passé à la Basilique de Saint-Denis ? Où peut-on voir des restes des murailles de la Bastille ? Quelle est la plus ancienne maison encore en état ? Quel roi a fait détruire les remparts ? Nous suivons l'auteur et son photographe à travers la ville, descendons avec eux dans des caves et des parkings pour découvrir des endroits oubliés et apprenons à mieux connaître notre capitale.

Avis : J'avais demandé ce livre comme cadeau, pensant lire le "Métronome" avec des images en plus mais il ne s'agit pas tout à fait du même ouvrage. Et c'est tant mieux ! Celui-ci, comme son nom l'indique, laisse une large place aux photographies et autres gravures.
Chaque chapitre est introduit par un court résumé des évènements emblématiques qui ont eu lieu près de la station de métro sur laquelle l'auteur s'arrête.


Suivent une illustration et un plan du quartier dont il va être question :


Les numéros pointent plus particulièrement les centres d'intérêt.
A chaque numéro est ensuite rattachée une photo ou une gravure, qui invite le lecteur à se rendre sur place et constater par lui-même que oui, il reste des vieilles pierres de partout ! Je connais très bien certains quartiers et pourtant, je suis passée des dizaines de fois devant des cours sans oser y rentrer alors que peut-être, au fond, se trouvait un reste de la muraille qui enserrait la rive droite sous Philippe Auguste ! Et que dire de la Basilique Saint-Denis où je n'ai jamais mis les pieds et qui pourtant renferme les gisants de plus de 70 rois de France ? Excusez du peu !
Il ne s'agit pas d'un énième guide touristique mais véritablement d'un guide du Paris historique. Mon seul regret : Lorànt Deutsch a pu avoir accès à certains endroits parce qu'il est Lorànt Deutsch. Pas question pour le parisien lambda de se faire ouvrir une cave de restaurant ou une aile du Louvre réservée au personnel...

Ce livre séduira bien évidemment les amoureux de la ville de Paris, mais pas que. Il nous invite d'une façon plus générale à lever le nez lorsqu'on se déplace dans une ville, à s'arrêter au coin des rues pour regarder la perspective, à ne pas hésiter à pousser une porte pour rentrer dans une cour, à lire les plaques qui ornent les bâtiments, bref, à être attentifs à ce qui nous entoure. L'Histoire est partout, n'oublions pas que nous avons la chance d'habiter un pays qui offre des vestiges préhistoriques ! Lorsqu'on va aux Etats-Unis par exemple, l'édifice le plus ancien de la côte Est remonte seulement aux XVIIème siècle !!
Une balade très enrichissante dans notre capitale, pleine de découvertes en ce qui me concerne.

Michel Lafon, 239 p., 2010.

dimanche 10 juin 2012

"North and South" d'Elizabeth Gaskell



Résumé : Margaret Hale coule des jours heureux avec ses parents dans la campagne du sud de l'Angleterre. Mais son père, pasteur de profession, prend la décision de démissionner de son poste et entraîne sa famille avec lui à Milton, ville industrielle du nord du pays. L'acclimatation est très difficile pour Margaret. Tous lui paraît laid, sinistre et bruyant et elle éprouve des difficultés à se faire un nouveau réseau de connaissances. Son père, qui désormais donne des cours, a comme élève John Thornton, propriétaire d'une filature de coton. Margaret le déteste instantanément car il représente pour elle tout ce qu'elle rejette du Nord. La jeune femme s'intéresse de plus en plus aux conditions de travail des ouvriers, qui doivent se battre contre la pauvreté et la maladie. Alors qu'elle prend fait et cause pour ces travailleurs et que la révolte sociale gronde, elle doit faire face au trouble que provoque malgré tout chez elle l'arrogant Mr Thornton. (même résumé que celui fait pour l'adaptation télé)

Avis : Je pense avoir lu ce livre trop rapidement après en avoir vu l'adaptation télé parce que j'ai été relativement déçue. (Au risque de me faire jeter des cailloux par une bonne partie de la blogosphère...).
Déjà, j'ai trouvé l'histoire d'une lenteur certaine avec de longs passages sans qu'il ne se passe quoi que ce soit. On avance vraiment tout doucement. Sachant quand même qu'il y a 530 pages à avaler... Trop de passages descriptifs, trop de passages où les personnages parlent tous seuls pour qu'on comprenne ce qu'il se passe dans leur tête.
Ensuite, Margaret n'a pas trouvé grâce à mes yeux. Sa rigidité morale ne me l'a pas rendue sympathique et par moments, j'avais vraiment envie de la secouer par les épaules. Trop de rigueur, de self-control et pas assez d'humanité pour moi. On sent bien qu'il y a un petit coeur qui bât mais il se cache bien quand même. Je pense quand même qu'il y a un juste milieu entre un personnage gnangnan à l'eau de rose et la  Margaret de ce roman qui a des élans de passion qui tombent à plat. Et que dire de toute la dernière partie où sa seule obsession est de revenir dans les bonnes grâces de Mr Thornton mais sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi. C'est vrai qu'on se demande bien pourquoi... Quand on a dû mal à sympathiser avec l'héroïne, c'est un peu mal parti.
Survient aussi le "problème" des accents du Nord retranscrits à l'écrit. A chaque fois que Nicholas Higgins parle, son accent est retranscrit ce qui rend la lecture des passages pénibles. Certes, il ne s'exprime pas en BBC English et cela traduit la volonté de l'auteur de coller au plus près de la réalité mais j'ai vraiment lutté. Je ne suis peut-être pas assez calée en anglais pour lire ça aussi bien que le reste. Exemple : "An' I tell thee plain - if hoo dies, as I'm 'feard hoo will afore we've getten th' five per cent, I'll fling th' money back i' th' master's face (...)". Et encore, ce n'est pas le pire.
Heureusement, les personnages sont extrêmement bien développés et décrits. La bonne surprise vient notamment de Mr Bell et Frederick qui tiennent une place plus importante que ce que je pensais (en nombre de pages de présence). Mr Bell apporte une touche d'humour et de légèreté qui est la bienvenue. John Thornton est pour moi le personnage central de ce roman : en conflit permanent entre sa conscience et sa volonté de réussir, il évolue véritablement entre la première fois où il apparaît et la fin du roman. Fin qui est d'ailleurs beaucoup mieux que dans l'adaptation télé parce que plus réaliste.
J'ai aussi beaucoup apprécié d'apprendre des choses sur l'essor industriel de cette période, avec la place que tiennent les syndicats, les conséquences d'une grève, les relations entre patron et main d'oeuvre. 
Bref, je suis quand même un peu déçue. 

Penguin English Library (nouvelle collection), 530 p., avril 2012.