mardi 21 août 2012

"Death comes to Pemberley" de P.D. James



Résumé : Comme tous les ans depuis leur mariage, Elizabeth et Fitzwilliam Darcy s'apprêtent à célébrer le bal de Lady Anne à Pemberley. Les cartons d'invitations sont partis et toute la maisonnée s'affaire dans les préparatifs de la fête. Mais alors que la veille du grand jour, tous montent se coucher, Lydia - qui n'est jamais invitée - fait une apparition fracassante à la porte de la majestueuse demeure : hors d'haleine, hystérique, elle clame que Wickham vient d'être assassiné dans les bois de la propriété. Darcy et quelques hommes partent à la recherche du disparu. Ils tombent effectivement sur un cadavre en uniforme.  

Avis : J'ai acheté ce livre après en avoir lu de très bonnes critiques dans plusieurs magazines différents et j'avoue, j'ai été un peu déçue. Je m'explique.
Bien sûr, pour les fans d'Orgueil et Préjugés, il est toujours intéressant de se replonger dans l'histoire, d'avoir une suite / un autre point de vue sur l'histoire, notamment quand il s'agit d'un auteur reconnu. Je ne parle pas ici des bluettes pour midinettes qui ont fleuri autour de l'oeuvre de Jane Austen. Comme le rappelle si bien P.D. James dans une note à la fin du roman, il existe plus de 70 suites au grand classique d'Austen...
Cependant, j'ai eu du mal à comprendre le but de ce livre. Est-ce un roman policier ? Oui, évidemment, dans la mesure où il y a meurtre, suivi d'une enquête et d'un procès. Mais tout ceci n'est pour moi qu'un prétexte pour que l'auteur puisse laisser libre cours à son imagination et nous donner sa version de la vie des deux aînées Bennett après leur mariage. L'intrigue en elle-même ne m'a pas passionnée du tout et sa résolution laisse un goût de "Très bien, mais....". J'ai eu du mal à épouver de la compassion pour Wickham et son destin m'importait peu. Ce n'est certes pas un personnage très reluisant, me direz-vous... Oui mais il est quand même marié à Lydia, soeur de Jane et Elizabeth !
Par contre, pour qui a fait du droit anglo-saxon ou s'y intéresse, le processus judiciaire est plutôt bien décrit et c'est très intéressant.
Pour moi, le principal intérêt de ce livre réside dans les relations entre les personnages, notamment tous les non-dits qui refont surface suite à la réapparition à Pemberley du couple infernal Lydia / Wickham. P.D. James nous donne son point de vue sur les évènements d'Orgueil et Préjugés, analysant en profondeur certaines situation un peu laissées sous silence par Jane Austen : ce que pense vraiment Charlotte Lucas de son union avec l'insipide Mr Collins, les interrogations qui ont surgit au mariage d'Elizabeth et Darcy, puisque tout le monde pensait qu'elle le détestait, la relation entre Lydia et Elizabeth, etc... P.D. James prend un certain nombre de libertés avec le texte d'origine puisqu'elle invente un nouveau destin à certains personnages comme Kitty et Mary et qu'elle en invente d'autres (Mr Alveston), mais dans l'ensemble, cela est très bien amené.
En résumé, il s'agit pour moi d'un roman policier sans grand intérêt mais plutôt d'une bonne étude de moeurs.

Faber and Faber, 330 p., 2012. Traduction française disponible chez Fayard (La mort s'invite à Pemberley)

dimanche 12 août 2012

"Arsène Lupin : L'Aiguille creuse" de Maurice Leblanc


Résumé : Au cours d'un cambriolage qui tourne mal, Raymonde de Saint-Véran tire sur un des malfaiteurs, qui s'écroule. Mais quand les domestiques partent à la recherche du fugitif, il ne trouve aucune trace du corps. Il semblerait qu'il ne s'agisse de nul autre qu'Arsène Lupin, le célèbre gentleman cambrioleur. Raymonde est enlevée en représailles par la bande du voleur mais quelques jours après, le cadavre d'un couple est retrouvé. Les deux jeunes gens sont-ils morts ? C'est ce que tout le monde pense, sauf Isidore Beautrelet, étudiant en rhétorique et détective à ces heures qui se met en tête de découvrir la vérité sur 1. le motif initiale du cambriolage au château du comte de Gesvres et 2. sur la disparition de Lupin. Ce qu'il découvre va au-delà de ses espérance et l'emmène sur les traces du secret de l'Aiguille Creuse, secret des Rois de France.

Avis : Voici le deuxième opus des aventures d'Arsène Lupin que je lis mais il ne s'agit toujours pas du premier tome ! Ceci ne gêne en rien la compréhension de l'histoire, d'autant plus qu'on retrouve 2 personnages familiers de l'univers de Maurice Leblanc : l'inspecteur Ganimard et Herlock Sholmès. Mais on n'en apprend toujours pas plus que ça sur le passé d'Arsène Lupin. A peine discerne-t-on 2-3 éléments sur sa façon de vivre : la taille de son équipe, sa relation avec sa servante, etc.
Le point positif de ce roman est la présence d'Isidore Beautrelet, qui au départ se mêle à l'aventure par curiosité mais qui finit par être complètement hapé par l'univers de Lupin. Sa façon d'analyser la situation diffère de celle de la police et le mène beaucoup plus loin, même si cela apparaît parfois comme tiré par les cheveux. Il part d'abord de ses propres hypothèses et déductions avant de partir des faits qui s'offrent aux forces de l'ordre, arguant qu'avec Arsène Lupin, rien n'est jamais ce qu'il semble être.
La lutte que se livrent le cambrioleur et l'étudiant semble perdue d'avance pour Isidore mais à chaque fois qu'il tombe ou qu'il part sur une fausse piste, il réussit quand même à avancer dans son enquête.
Le secret de l'Aiguille creuse, secret d'Etat, est un peu gros pour être honnête mais apporte une dimension historique à l'intrigue qui est la bienvenue.
Le rythme ne ralentit à aucun moment ce qui en fait une lecture très rapide. Et oui, on veut savoir ce qu'Isidore va mettre à jour.
Ganimard et Herlock Sholmès ne sont vraiment que des prétextes et ont un rôle vraiment réduit - même si particulièrement dramatique concernant le détective anglais.
En bref, une autre très bonne lecture de vacances !

Le livre de poche, 216 p., 2010.

mercredi 8 août 2012

"De Cape et de Crocs T10 : De la lune à la terre" d'Ayroles et Masbou


Résumé : Nos valeureux héros ont enfin accompli leur devoir : la Lune est sauvée du Prince Jean, qui doit s'exiler. Maupertuis, Villalobos et leurs acolytes envisagent donc sérieusement de rallier la Terre. Mais ce retour ne sera pas sans embûches et sans interrogations : ont-ils tous envie de rejoindre l'astre qu'ils aperçoivent à porter de "bateau spatial" ? Mendoza les laissera-t-ils partir sans agir ?

Avis : Que dire de ce tome 10 qui clôture une série commencée voilà 10 ans ? Toujours autant d'action, de bons mots, de dessins fantastiques et d'humour. Nos deux héros et notamment Armand, sont face à des coups de théâtre imprévus. Si vous aimez les bandes dessinées aux traits épurés et aux dialogues restreints, passez votre chemin !
Ce tome est comme tous les autres, un véritable hommage au théâtre de Molière, à la cour du Roi Soleil, à Cyrano de Bergerac mais également aux romans de cape et d'épée. Sans oublier les histoires de pirates !
Je ne résiste pas à l'envie de vous citer une tirade, que je trouve vraiment bien tournée (attention, elle donne quelques indications sur le déroulement de l'histoire...) :

Abusé par les traits d'un destin goguenard,
Je vis un gentilhomme où n'était qu'un renard.
Une queue en panache, un penchant romanesque,
J'étais bien le héros d'un roman... mais burlesque !

Je vous offris mon coeur sans voir - quel animal ! -
Que le vôtre battait, bien fort, pour un rival
Qui, lui, marche debout sans forcer sa nature
Et peut, qand vient l'été, se passer de fourrure.

Difficile de se dire qu'après le tome 10, plus rien... Enfin si, je me console en ayant lu que les auteurs prévoyaient une mini-série en deux tomes consacrée à mon personnage préféré : Eusèbe !


Delcourt, 49 p., 2012.