mercredi 26 septembre 2012

"A Game of Thrones" de George R. R. Martin



Résumé : Winter is coming. Eddard Stark, Seigneur du Nord, devient par la force des choses le bras droit de son ami Robert Baratheon, roi des Sept Royaumes. Obligé de quitter son château de Winterfell pour rejoindre la capitale King's Landing, il y découvre un monde de jeux de pouvoir qui le dépasse. Le roi est en effet entouré d'intriguants, à commencer par sa femme, la Reine Cersei de la puissante famille des Lannister. Mais le Trône de Fer est aussi convoité par delà les mers. Daenerys Targaryen, dernière descendante de sa famille chassée du pouvoir, compte récupérer la place qu'elle estime être la sienne. Mais le plus grand danger vient peut-être du Nord, de l'autre côté du Mur qui sépare le royaume des étendues glacées, peuplées de créatures qu'on ose à peine nommer, prêtes à s'aventurer au Sud.

Avis : Grande saga s'il en est, ce 1er tome donne dans la démesure (dans le bon sens du terme !). Démesure pour les personnages : des dizaines de noms défilent, des dizaines de grandes familles avec leurs étendards (Tully, Lannister, Stark, Baratheon, Greyjoy, Targaryen, Arryn, Tyrell)... Les décors aussi : l'opposition entre le nord et le sud du territoire, les Cités Libres, les châteaux (Highgarden, Riverrun, Winterfell, The Eyrie, Dragonstone, etc...). Les costumes aussi, très bien décrits à chaque fois. Bref, on en prend plein la tête et l'imagination !
J'ai fait l'erreur de regarder la série d'HBO avant de lire le roman. Pourquoi erreur ? Parce que la série suit scrupuleusement le livre, souvent au dialogue prêt. Aucune surprise... Bien sûr, certains chapitres, notamment descriptifs ont été coupés, mais le déroulé est le même. Du coup, j'ai dû mettre 2 mois à le lire... Il y a cependant quelques différences, principalement du côté des personnages. Renly Baratheon est absent de la série alors qu'il apparaît dans le livre. La prostituée Ras est une pure invention des scénaristes d'HBO. Littlefinger n'est pas propriétaire d'un bordel. Mais au fond, tout cela reste du détail.


Heureusement, le livre ne faisant pas 800 pages pour rien, la psychologie des personnages est très développée. Ceux-ci sont d'ailleurs beaucoup plus jeunes que leurs homologues à l'écran, ce qui m'a parfois gênée. Daenerys a part exemple 13 ans quand elle est mariée de force à Khal Drogo. On sert un peu les dents pour le passage de la nuit de noces... N'oublions cependant pas que la fantasy implique un univers moyennageux et qu'au Moyen-Age, on était grand-parents à 25 ans. Pareil pour Robb et Jon, qui dans le roman ont 14 ans alors qu'à l'écran, on leur donne 20 ans.
Chaque chapitre se concentre sur un personnage différent : Catelyn Stark, Eddard Stark, Jon Snow, Arya Stark, Sansa, Bran Stark, Daenerys et Tyrion. On se concentre donc principalement sur la maison Stark dans ce tome. Il y en a qu'on adore détester : Cersei Lannister notamment, ainsi que son fils Joffrey, petit c**, lâche, prétentieux et pervers. Quand je pense qu'il finit roi... Soupir...
Pour Eddard Stark, connaissant grâce à la série sa fin peu glorieuse, on la voit venir de loin avec une succession de mauvaises décisions de sa part. J'ai plusieurs fois eu envie de jeter mon livre à l'autre bout de la pièce en hurlant "Mais pourquoi il fait ça ???". De droit dans ses bottes, il devient psychorigide... Toujours à faire les choses dans le bon ordre, dans le respect de l'honneur, etc. Bref, il n'a pas du tout compris le game of throne.
Mon personnage préféré est sans conteste Arya, qui n'est qu'une enfant mais c'est un garçon manqué qui rêve d'être chevalier, qui ne fait pas de distinction entre les gens et surtout qui adore son demi-frère Jon Snow. Elle a le sens de la débrouille et je pense que son personnage ira loin dans les prochains tomes (simple supposition de ma part).
En parlant de Jon Snow, quelle tristesse à la lecture du chapitre où il vient dire au revoir à son frère Bran avant de partir pour le Mur.... Cette espèce de garce de Catelyn qui lui lance des horreurs à la figure.
La bonne idée de l'auteur : en "appendix", à la fin de l'ouvrage, les arbres généalogiques des principales Maisons. Très utile vu le nombre de personnages.
Verdict : de la très très bonne fantasy, mais je m'arrêterai à ce tome. Ayant vu la saison 2 de la série télé, je n'ai pas envie de me lancer dans la lecture de la suite. Et pas question de passer directement au tome 3 car je vais quand même rater des détails...

J'inscris cette lecture dans le cadre du challenge "Mondes Imaginaires" organisé par Arieste.


Bantam books, 806 p., 2011. (traduit en français sous le titre "Le Trône de Fer" aux éditions J'ai lu)

lundi 17 septembre 2012

"Un heureux évènement" d'Eliette Abécassis



Résumé : "Désormais ma vie ne m'appartenait plus. Je n'étais plus qu'un creux, un vide, un néant. Désormais, j'étais mère". Barbara et Nicolas s'aiment et profitent de leur vie de couple un peu bohème. Ils font la fête, sortent beaucoup, fument, boivent, rencontrent des gens, font des voyages inoubliables à l'autre bout du monde. Un jour, ils décident de faire un enfant. Mais cette chose somme toute banale et universelle va prendre pour Barbara une tournure qu'elle ne soupçonnait pas.
Avis : Je n'avais pas eu envie d'aller voir le film au moment de sa sortie en salle en début d'année pour la simple et bonne raison qu'il avait l'air tout à fait sinistre. Mais j'avais envie de lire quelque chose d'Eliette Abécassis et ce texte court m'a semblé être un bon début.
Il s'agit d'un roman très autobiographique. Même si c'est Barbara qui se raconte, on se doute bien que c'est l'auteur qui nous parle de son expérience. La proximité avec la jeune femme est très grande puisqu'il s'agit d'un roman écrit à la première personne. 
Premier constat : Barbara fait une expérience douloureuse et catastrophique de la maternité à chaque étape. Dès la grossesse, elle ne se reconnaît plus et déteste le regard détaché que les hommes portent désormais sur elle. Puis ensuite l'accouchement, où le personnel médical qui l'entoure n'est pas compatissant et où son conjoint ne fait pas preuve d'un grand courage. Enfin le retour à la maison, avec sa fille qu'elle n'est même pas sûr d'aimer, car peut-on aimer une inconnue ?
Le texte est très sombre, on est vraiment happé par le baby blues de cette jeune mère, complètement dépassée, mais aussi complètement isolée. Pour elle, la maternité renvoie à la part animale de la femme, comme la lionne qui allaite ses petits. Eliette Abecassis étant philosophe de formation, des références ponctuent l'ouvrage.
Le père n'a pas une place facile dans ce texte. Il a voulu un enfant mais est déboussolé quand il arrive. Il est aussi très absent pour son travail, puisqu'il doit gagner plus d'argent pour payer le loyer de l'appartement plus grand. On voit le couple se dégrader petit à petit. Barbara s'interroge : un couple avec un enfant peut-il durer ? Y a-t-il toujours de l'amour ?
Est-ce que je recommanderai cette lecture à une femme enceinte ou voulant faire un enfant ? Je dirais non. Chaque expérience est unique et ça ne sert à rien de se "gâcher" la sienne avant de commencer.
Mais en même temps, Eliette Abecassis décrit sans tabou son expérience de la dépression post-natale et de la spirale infernale que cela peut être. Elle met les pieds dans le plat de ce qui reste une idée préconçue très ancrée dans les esprits : il n'y a pas de plus belle expérience que celle de la maternité, être mère est un aboutissement et un but en soi.
Il y a tout de même une lumière d'espoir (!), dans la mesure où on sent bien que Barbara aime sa fille. A aucun moment, même exténuée, elle ne parle de la rejeter. Son rendez-vous avec un spécialiste du sommeil des enfants la remettra d'ailleurs à sa place : le médecin lui fera comprendre qu'elle doit donner de l'air à sa fille. 
On s'interroge aussi sur le fameux instinct maternel : existe-t-il vraiment ou s'agit-il d'une pure invention ? Elizabeth Badinter, citée à un moment du roman, le dit très bien : on ne naît pas mère, on le devient.
Un texte donc plutôt dépressif mais sans détour et honnête, qui fait réfléchir sur la place de la femme et de la mère dans le couple, dans la vie sociale et professionnelle. Heureusement, il s'agit d'UNE expérience de la maternité et d'autres s'en sortent plutôt bien !

Le Livre de Poche, 152 p., 2011.

jeudi 13 septembre 2012

"Mes voisins les Yamada" de Hisaichi Ishii


Résumé : Dans la famille Yamada, il y a Takashi, la père, salaryman d'une grande entreprise, Matsuko, mère au foyer, Noboru et Nonoko, les deux enfants encore scolarisés, Shige, la grand-mère maternelle et Pochi, le chien. Tout se petit monde vit sous le même toît et partage donc son quotidien. Du repas du soir, en passant par les matchs de sumo à la télé, voici une plongée pleine d'humour dans la vie d'une famille japonaise typique.

Avis : Coup de coeur ! Ce manga en trois tomes est un regroupement de yonkoma, des petites histoires en 4 cases, qui ont été publiées entre 1991 et 1993 dans le célèbre journal Asahi Shinbun.


On y découvre la vie au Japon à travers les petits évènements du quotidien : une sortie au restaurant, les courses du samedi en famille, la passion des enfants pour les jeux vidéos, le travail communautaire de la grand-mère, la popularité du base-ball, l'importance de l'étiquette et du cérémonial dans les rapports avec les autres... Tout ce qu'on croit savoir du Japon, en sorte, mais vu de l'intérieur.
Hisaichi Ishii se fait aussi le témoin de son époque puisque de nombreuses références à l'actualité du pays sont faites à travers les pages, que ce soit l'élection d'un premier ministre, le mariage d'un sumotori célèbre ou la venue d'Hilary Clinton.
Mais la qualité principale de ce manga, c'est l'humour omniprésent. En effet, rien n'est jamais banal avec les Yamada et tout prend une tournure comique. Chaque membre de la famille a ses défauts qui les rendent tous plus attachants les uns que les autres. Noboru, le collégien fénéant qui s'endort sur ses devoirs. Matsuko, presque incapable de tenir un intérieur, obsédée par ce qu'elle va tenter de cuisiner. Pochi, qui fait toujours la tête.
Je me suis souvent surprise à rire aux éclats face à des situations hilarantes et des dialogues truculents.
Par contre, j'avoue modestement être passée à côté de certaines cases, pour cause de référence à un personnage inconnu ou à une situation de politique intérieure par exemple. 
Chaque tome en soi est très volumineux, pratiquement 350 pages à chaque fois, mais ils se lisent très vite et surtout ne nécessitent pas une lecture suivie. En effet, chaque histoire est indépendante et se suffit à elle-même. Le style est très épuré et les cases sont bien délimitées, ce qui rend la lecture vraiment agréable.
A noter, "Mes voisins les Yamada" existe aussi en film d'animation, réalisé par le studio Ghibli.

Delcourt, collection Shampoing, 2009.

jeudi 6 septembre 2012

"The Infernal Devices : Clockwork Angel" de Cassandra Clare


Résumé : Londres, milieu du XIXème siècle. Tessa Gray débarque de New York afin de rejoindre son frère Nate, sa seule famille, qui lui a demandé de venir. Mais à la descente du bateau, il n'est pas là pour l'attendre comme prévu. La jeune fille se fait kidnapper par les soeurs Dark, qui la retiennent captive afin qu'elle apprenne à maîtriser son pouvoir, celui de prendre l'apparence de n'importe qui. Mais Tessa ignorait absolument tout de ce pouvoir et lorsqu'elle apprend qu'un mystérieux personnage, The Magister, souhaite l'épouser, elle décide de s'enfuir. Elle trouve refuge auprès des "Shadowhunters", guerriers chargés de faire régner l'ordre parmi les démons et autres créatures de la nuit. Mais qu'est-il arrivé à Nate ?

Avis : Cette nouvelle série de Cassandra Clare (tome 3 à paraître en 2013) est une "préquel" à sa 1ère série, La Cité des Ténèbres. L'action se situe donc quelques 150 ans dans le passé et nous sommes introduit dans le monde des Shadowhunters de Londres. On retrouve le fonctionnement de l'Institut de la ville, ici dirigé par un couple, Charlotte et Henry. Des noms familiers reviennent aussi, Lightwood, Herondale, Magnus Bane, Ragnor Fell, etc.
L'histoire est plutôt bien menée et j'apprécie le fait que Tessa se batte pour retrouver son frère, ce qui change de la jouvencelle qui cherche à retrouver son chéri. Le fait qu'elle ignore tout de ses capacités de transformation est une bonne idée car on voit sa personnalité évoluer. Du déni et de l'incrédulité, elle passe petit à petit à l'acceptation de sa condition et à la résignation. C'est un personnage féminin plutôt fort.
Les membres de l'Institut sont plutôt inégalement exploités, si je puis dire. Je pense notamment au beau gosse de service, Will, pour qui Tessa va évidemment ressentir des choses. Je suis désolée mais à part être très beau, je trouve que c'est juste un sale petit c**. Je ne vois pas comment elle peut tomber amoureuse de lui au regard de leurs échanges. Certes il est brun aux yeux bleus et musclé, il est mystérieux et il sait réciter de la poésie, mais à part ça, à chaque fois qu'il parle, c'est pour être complètement désagréable avec tout le monde. Pas très attirant, à mon humble  avis. Arrêtons de prendre les héroïne pour des courges écervelées. Et au secours, AU SECOURS, merci d'arrêter de mettre en place des triangles amoureux dans les livres de littérature jeunesse, il y en a marre !!! On se doute bien que dans le tome 2, les choses vont se compliquer entre Will, Tessa et James. Ils méritent tous mieux.
James me paraît d'ailleurs plus intéressant comme personnage, plus mature, plus réfléchi. J'espère qu'il aura une plus grande place dans la suite. Sa "maladie" le rend aussi atypique. Jessamine, même si c'est une pimbêche, pose la question du poids des origines. Née Shadowhunter, c'est une condition qu'elle refuse totalement. Son souhait le plus cher est de trouver un mari et de vivre une vie normale, pas de revêtir l'uniforme de cuir noir et de partir à la chasse au démon.
J'ai hâte d'en apprendre plus sur le méchant de l'histoire, The Magister, afin de connaître ses motivations et ses intentions vis-à-vis de Tessa. Pourquoi veut-il exploiter son pouvoir ? Le retournement de situation le concernant à la fin du livre est bien trouvée également, elle a relancé mon interêt. Evidemment, je n'avais rien vu venir. Et c'est tant mieux !
L'époque victorienne est aussi le prétexte à introduire du Steampunk, très à la mode en ce moment en LJ. En effet, une armée d'automates faits de morceaux de mécanismes d'horloges menace la tranquilité de l'Institut. Les scènes d'attaques sont très bien décrites et on est plongé au coeur de l'action. Il y a aussi le pendentif de Tessa, un ange / horloge dont on ne sait pas grand chose. Parions qu'il va encore agir dans la suite.
Le style est très fluide, ce qui fait que j'ai terminé ce tome rapidement et que je viens d'attaquer le suivant.

Et du coup, j'inscris cette lecture dans le défi Steampunk !


McElderry Books, 478 p., 2010. Pas encore traduit en français.