lundi 27 janvier 2014

"L'Elément. Quand trouver sa voie peut tout changer" de Ken Robinson (et Lou Aronica)

 
 
Résumé : "Si vous n'êtes pas prêt à avoir tort, vous n'arrivez jamais à rien d'original". L'Elément est le point où un talent naturel rencontre une passion personnelle. Dans cet ouvrage, Ken Robinson s'intéresse à l'élève qui s'ennuie en classe, au salarié qui a perdu toutes ses illusions et à ceux d'entre nous qui se sentent frustrés sans savoir expliquer pourquoi - et nous montre de quelle manière nous devons tous atteindre notre Elément.
A travers les histoires de personnalités comme Paul MacCartney, Ariana Huffington et Matt Groening, qui ont reconnu leurs talents uniques et ont réussi leur vie en faisant ce qu'ils aimaient, Robinson explique comment chacun d'entre nous peut se retrouver dans son Elément et réaliser tout ce dont nous sommes capable.
Ken Robinson nous montre l'urgence qu'il y a à stimuler la créativité et l'innovation en pensant différemment à propos de nous-mêmes. Et par dessus-tout, il nous encourage à nous reconnecter avec notre moi profond - cela pourrait simplement tout changer. (traduction à la volée de la 4ème de couverture).
 
Avis : J'ai découvert ce livre dans un cadre professionnel après avoir vu une vidéo de Sir Kenneth Robinson en réunion. Pour illustrer son livre, il citait H.G. Wells : "La civilisation est une course entre éducation et catastrophe". Ce qui m'a intriguée.
Même si contrairement à certains commentaires élogieux parus dans la presse, je n'ai pas trouvé ce livre "bouleversifiant", il m'a énormément fait réfléchir sur où j'en étais professionnellement, où j'avais envie d'aller professionnellement et sur quelle leçon de vie j'avais envie de transmettre à mon enfant. Et oui, rien que ça ! J'ai d'ailleurs mis des post-it un peu partout pour pouvoir y revenir plus tard. Mais attention, il ne s'agit pas du tout d'un livre de développement personnel, du moins au sens strict du terme.
L'idée au centre de l'ouvrage de Ken Robinson, c'est "l'Elément", notion qu'il développe tout au long de ses chapitres. Pour faire bref, vous êtes dans votre Elément lorsque quelque chose pour laquelle vous êtes doué naturellement coïncide avec quelque chose que vous aimez particulièrement faire. Exemple simple : vous êtes doué pour la musique et en plus vous aimez jouer dans un groupe. Après s'être attardé sur cette définition, l'auteur continue sur comment le trouver, les obstacles qu'on peut rencontrer, les aides qui peuvent croiser notre chemin, le tout ponctué d'exemples de réussites individuelles.
Ce que j'ai retenu, c'est qu'en gros, il n'est jamais trop tard pour se remettre en question, pour découvrir ce qui nous motive plus que tout et surtout pour provoquer le destin. La vie n'est pas du tout linéaire et être coincé dans un job démotivant n'est pas une fatalité, même en période de fort chômage. La morale est très positive puisque 1. il faut oser 2. il faut s'entourer. On peut réussir à évoluer tout seul mais c'est encore mieux si on a trouvé des pairs pour renforcer notre motivation.Et surtout, ceux qui réussissent sont souvent ceux qui ont osé frapper à la bonne porte.
Pour Ken Robinson, un des freins majeurs à la découverte de son Elément, est bien souvent l'entourage proche et la famille : "Il n'est pas question que tu fasses toiletteur pour chien, je t'ai payé des études coûteuses de médecine !" ; "Tu veux être professeur des écoles ? Mais tu n'as que le bac, tu n'y arriveras jamais. Et qui va s'occuper des enfants pendant que tu reprends des études ?" ; "La trompette, c'est ringard. Pourquoi tu ne ferais pas plutôt du sport ?". Je caricature mais on connaît tous ce genre d'exemples. Ken Robinson cite d'ailleurs Paulo Coehlo dont les parents voulaient faire un avocat. Face à l'obstination de leur fils à devenir écrivain, ils sont allés jusqu'à.... lui faire subir des électrochocs.....
Mais l'ouvrage ne se contente pas d'aborder l'aspect "renouveau personnel", il se concentre aussi sur l'éducation.
L'auteur, qui a voyagé de part le monde et examiné de très près différents systèmes éducatifs pousse un véritable cri d'alarme sur la façon dont nous envisageons l'école. Il existe dans nos sociétés occidentales une hiérarchie des matières qui date de l'ère de l'industralisation. Ne nous voilons pas la face, un élève qui a de bonnes notes en maths et en physique sera beaucoup mieux vu que celui qui excelle en techno ou en sport. Rien que le nombre d'heure allouées à chaque matière indique leur importance. La musique au collège ? 1h par semaine ! Au lycée ? C'était une option que seuls prenaient les élèves qui jouaient d'un instrument. La question qu'on peut se poser est est-ce que c'est grave de ne pas savoir faire une équation à deux inconnues ? Pour le bac, oui. Pour réussir dans la vie, rien n'est moins sur.
Ken Robinson insiste aussi sur le fait que l'école essaie de formater tout le monde de la même manière et tue dans l'oeuf toute différence ou particularité. Les passions individuelles sont priées de rester au vestiaire, sauf si par chance elles correspondent à ce qui est enseigné. Tous les élèves passent des tests standardisés à peu près au même âge, sur des matières elles aussi standarisées. Il a une analogie assez forte pour parler de ça : il compare l'école à un fast food. La même nourriture est servie partout, les recettes sont les mêmes d'un restaurant à l'autre, jusqu'à la quantité de sel qu'on met sur les frites. L'école forme des enfants fast-food. Si seulement ce livre pouvait tomber entre les mains de ceux qui mettent en place les réformes... Mais pour en arriver à une égalité complète entre les disciplines, c'est une véritable révolution qui sera nécessaire.
Petit bémol : j'aurais aimé avoir plus d'exemples de réussites individuelles "anonymes". Celles présentées dans l'ouvrage sont en effet un peu trop "people".
Sans révolutionner la psychologie et la sociologie, ce livre a le mérite de poser les bonnes questions sur notre système éducatif. Il m'a aussi donné matière à réfléchir sur ma condition actuelle sans pour autant amener des solutions toutes faites. Une lecture enthousiasmante et inspirante dans cette grisaille hivernale !
NB : J'ai lu ce livre en anglais mais il vient d'être traduit aux éditions Play Bac.

Si vous avez 19'25'', regardez cette vidéo de Ken robinson (TED, 2006) : http://www.ted.com/talks/ken_robinson_says_schools_kill_creativity.html 

 
Penguin, Self-help / Psychology, 274 p., 2009.

samedi 18 janvier 2014

Challenge Myself 2014



J'ai repéré chez Miss Léo ce challenge Myself organisé par Romanza.
En quoi consiste-t-il ? Et bien, il est tout simplement laissé à l'imagination du blogueur. Chacun se fixe son propre but.
 
En ce qui me concerne, le choix a été plus que rapide. Je constate d'année en année que je ne lis presque exclusivement que de la fiction. Certes variée - jeunesse, contemporaine, historique, polar, etc. Mais fiction tout de même. Cette année, c'est décidé, je passe aux essais et aux (auto)biographies.
Mon objectif pour le 31/12/2014 : en lire au moins 8.
J'ai déjà entamé The Element de Sir Ken Robinson dont je vous reparle bientôt et j'ai jeté mon dévolu sur les autobiographies de Peggie Guggenheim et Simone Weil. Voilà de quoi bien démarrer ce challenge !

dimanche 12 janvier 2014

"Aspics Détectives de l'étrange T3 : Deux ch'tis Indiens" de Thierry Gloris et Jacques Lamontagne


Résumé : Hugo Beyle et Flora Vernet ont monté ensemble l'agence de détectives Aspic. Leur premier client est un peu particulier puisqu'il s'agit d'un Indien d'Amérique du Nord travaillant comme shaman dans une fête foraine tendance Freaks. Le spectre de son frère ayant disparu, il charge nos enquêteurs de localiser l'ectoplasme.

Avis : J'ai lu avec plaisir ce troisième opus des aventures de mes deux chouchous que j'avais laissés sur le point d'ouvrir leur agence.
La fête foraine est un prétexte à croiser tout un tas de personnages hauts en couleur, de la femme à barbe en passant par un dresseur présentant de forte ressemblances à... Indiana Jones ! Beaucoup de clins d'oeils à la littérature et au cinéma sont distillés entre les pages et cela permet plusieurs niveaux de lecture. Après tout, tout le monde n'a pas les mêmes références.
Les images sont toujours aussi travaillées.


Flora est une féministe qui s'ignore, préférant vivre de revenus incertains mais gagnés par ses propres soins plutôt que de rester dans le giron familial. De toute façon, on apprend que son père lui a coupé les vivres à l'ouverture de l'agence.
Hugo est fidèle à lui-même, généreux et bourré d'humour, avec un très bon sens de la répartie.
On retrouve également deux autres personnages issus du premier dyptique, l'inspecteur Nimber et Dupin, mais ils n'ont ici qu'un rôle de deuxième plan. Je suppose que la suite les verra prendre plus d'importance dans l'histoire.
L'intrigue principale trouve un dénouement un peu hâtif et tiré par les cheveux mais comme une deuxième intrigue se superpose (hello vampire !), je pardonne aisément cette facilité narrative. Je suppose que comme la première histoire, celle-ci se déroulera en deux tomes.
Cerise sur le gâteau de cette édition : un cahier de croquis préparatoires se trouve à la fin du volume avec quelques explications des auteurs.

 
En résumé, une série que j'apprécie et dont j'attends la suite avec impatience !

Quadrants, 48 p., août 2013.

mardi 7 janvier 2014

"Les Belles Années de Mademoiselle Brodie" de Muriel Spark

 
 
Résumé : (4ème de couverture) Dans l'Ecosse des années trente, Mademoiselle Brodie enseigne de façon peu conventionnelle dans une école de filles les plus huppées du pays... Une conspiration "administrative" se développe contre cette institutrice d'avant-garde qui a rassemblé autour d'elle un petit groupe constitué de ses meilleures élèves.

Avis : Nouvelle incursion en Ecosse, cette fois avec un livre se déroulant dans la première moitié du XXème siècle à Edimbourg.
En préambule, je dirais que je ne suis pas sûre que le personnage Melle Brodie soit fait pour séduire le lecteur. L'intriguer et le faire réagir oui, le séduire, non. C'est une femme qui a une aura indéniable, mais qui est aussi une grande manipulatrice et une grande intriguante. En effet, il faut voir la façon dont elle imprime durablement sa marque dans l'esprit de ces jeunes filles pour comprendre. Elle régit son clan de façon autoritaire, tout en leur faisant croire que c'est une faveur que d'en faire partie. Chaque fillette est différente des autres, avec ses points forts et ses défauts, sauf peut-être Mary qui semble cumuler les imperfections. L'enseignante sait comment modeler ces différences et en tirer partie. La loyauté sans failles que les jeunes filles lui témoignent tout au long de leur scolarité est sa plus éclatante réussite.
Melle Brodie clame sans arrêt être dans son bel âge et se consacrer à ses élèves, mais je pense qu'elle a la nostalgie de ses jeunes années et les revit une deuxième fois à travers les filles de son clan. On ne peut pas appeler "belles années" des années qu'on vit par procuration. La trame la plus évidente est celle qui met en scène le professeur de dessin M. Lloyd avec qui Melle Brodie vit une histoire impossible puisqu'il est marié. Du coup, elle n'a de cesse d'essayer de pousser vers lui ses élèves pour voir ce qu'il en ressortira.
Par contre, ses manières non-conventionnelles d'enseigner m'ont bien plu et j'ai souri lors des passages où elle demande à ses élèves d'ouvrir leur livre de grammaire "comme ça si quelqu'un arrive, il pensera que l'on fait de l'anglais". Mais sa vision du monde reste beaucoup trop romantique et sa fascination pour Mussolini et Hitler est plus que douteuse.
Le personnage le plus sympathique est celui de Sandy, fillette à l'imagination débordante et au sens de l'observation aiguisé. C'est elle qui verra le plus clairement les failles de son enseignante. Et comme on apprend très tôt dans l'histoire qu'elle finira soeur au couvent, on est forcément intrigué par son parcours.
A l'occasion de cette lecture, j'ai découvert que Muriel Spark était une auteur prolixe puisqu'elle était également poétesse, nouvelliste et biographe (d'Emily Brontë et Mary Shelley). A noter également : ce roman a été adapté au cinéma en 1969 avec Maggie Smith dans le rôle-titre.
Un roman qui fait réfléchir aux figures qui ont pu nous servir de modèle et aux influences extérieures qui façonnent notre personnalité.

Le Serpent à Plumes, collection Motifs, 238 p., 2006.

mercredi 1 janvier 2014

Bonne année !



http://blog.search-mojo.com
 
 
Je vous souhaite à tous une excellente année 2014, pleine de moments de joie et bien évidemment, de lecture !
 
Je lève mon verre à votre santé !
 
 
 
Mes bonnes résolutions livresques :
 
- lire, encore et toujours, mais plus !
- continuer à découvrir de nouveaux auteurs mais aussi finir des séries entamées il y a plus ou moins longtemps,
- être plus active sur certains forum que j'aime beaucoup mais où je me suis peu investie ces derniers temps, faute de temps,
- participer à un ou deux swaps, parce que faire et recevoir un colis, ça met du baume au coeur,
- laisser encore plus de commentaires sur les blogs que je croise (parce qu'un commentaire, ça fait toujours plaisir... clin d'oeil appuyé ^^),
- faire de belles rencontres virtuelles de bloggers,
- continuer à transmettre l'amour des livres à mon petit bout.