vendredi 28 février 2014

The Lizzie Bennet diaries, web-série US

 
http://ringo-ish.org/the-lizzie-bennet-diaries-my-theories/


http://www.lizziebennet.com/
Sous-titre : une adaptation moderne d'Orgueil et Préjugés

Il y a maintenant presque 2 ans, j'ai vu fleurir tout un tas de gif animés avec un certain Darcy et une Lizzie Bennet sur des sites que je suivais. Comme j'aime l'œuvre de Jane Austen, j'ai poussé mes recherches plus loin et découvert l'existence de The Lizzie Bennet Diaries.
Attention, cette web-série est complètement addictive. Je ne compte plus les fois où je me suis dit "Allez, encore un épisode et j'arrête" et où je me disais encore la même chose 12 épisodes plus loin. Il y en a 100 concernant la trame principale.

Sauf mention contraire, toutes les images proviennent du site de la web-série
 
Le format est idéal, entre 4 et 6 min environ.
Des vidéos annexes se sont greffées sur l'histoire originelle en apportant un complément et un éclairage différents sur les faits, comme par exemple le vlog de Lydia.
L'ensemble est très TRES bien joué, on rigole beaucoup et les personnages sont vite attachants. Et oui, même l'infâme Mr Collins.


Transposée de nos jours, l'histoire s'attache à Lizzie Bennet qui doit valider une dernière UV pour son diplôme. Elle décide de documenter l'expérience en tournant des vidéos qu'elle met en ligne. Nous faisons par-là même la connaissance de ses deux soeurs, Jane et Lydia, aux personnalités bien différentes. Darcy devient par exemple le riche membre fondateur d'une start-up axée sur les technologies du web et sa tante l'actionnaire principale.
Particularité de l'histoire : Fitzwilliam n'apparaît qu'à l'épisode 60 car c'est Jane et ses amies / soeurs qui racontent l'histoire en jouant les autres personnages.

Lydia rejoue une scène en étant Lizzie et Lizzie tient le rôle de Darcy... vous suivez ? :)
 
Des raccourcis sont pris par rapport au roman de Jane Austen mais je trouve que le charme opère vraiment et la réécriture fonctionne bien. Je conseille quand même de commencer par le classique indémodable avant de visionner les épisodes.
Allergiques à la VO, passez votre chemin. Pas de traduction française pour l'instant... Même s'il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer aux expressions et autres tons de voix, l'ensemble reste très compréhensible.
Je recommande chaudement cette web-série, très sympathique et pleine d'humour car elle donne vraiment la pêche et présente une adaptation très bien faite. Pour ma part, je compte me faire un deuxième round très prochainement. Bis repetita...

http://www.lelivroblog.fr/archive/2014/01/01/nouvelle-edition-challenge-geek.html
 

samedi 22 février 2014

J'ai testé : la revue PICOTI des éditions Milan

J'ai un fils d'un an et demi et bien évidemment, le rat de bibliothèque que je suis essaie de lui transmettre l'amour des livres et de la lecture. Les histoires du soir sont devenues des rituels à la maison (comme chez beaucoup) et Monsieur a déjà ses préférées.
Je l'avais abonné l'année dernière au magazine Popi et j'avoue que j'ai regretté, c'était beaucoup trop tôt : il les a tous soigneusement déchirés en menus morceaux sans vraiment voir ce qu'ils contenaient. Aussi, quand les éditions Milan ont proposé via Twitter (@MilanJeunesse) de tester un de leurs magazines, comme il était plus grand, je n'ai pas hésité.  J'ai choisi Picoti, qui s'adresse à la tranche 9 mois / 3 ans et je viens de recevoir l'exemplaire de mars, spécial ferme (un des sujets préférés des petits).


La bonne surprise, c'est qu'il n'a pas fini en 14 morceaux dès sa réception. Il a été lu, les pages tournées les unes après les autres, reposé, repris, commenté. Mais je ne vais pas vous mentir, sa couverture vient de rendre l'âme (la photo parle d'elle-même...).
Je ne connais pas trop les personnages récurrents de Picoti mais je trouve que Guili a une très bonne bouille (et je sais que des livres avec lui pour héros ont été édités). L'histoire chez papi et mamie a rencontré un franc succès ainsi que l'imagier avec les objets des grands. Et oui, les clés fascinent sans fin mon fils ainsi que mon smartphone. Du coup, il a bien reconnu et pointé du doigt tous les objets.

Vous m'excuserez pour la piètre qualité des photos mais les enfants, c'est un peu comme la photographie animalière : 12h de planque pour une photo réussie... 

En revanche, proposer ce magazine à partir de 9 mois ne me paraît pas pertinent. A cet âge, les livres à toucher et en carton me paraissent beaucoup plus adaptés. A 18 mois, je pense que c'est le bon âge, un enfant commence à pouvoir tourner les pages tout seul (bon, ok, sans doute un peu avant mais le mien est un sauvageon qui détruit tout). Le prix peut paraître élevé - 4,95 € - mais c'est le genre de support qui a une grande durée de vie : l'année prochaine, voire dans deux ans, on pourra encore le relire.
Il faudrait voir si le contenu est le même tous les mois : un ou deux héros récurrents, un fascicule pour les parents, une partie à découper un imagier. En ce qui me concerne, sans parler forcément d'abonnement (chat échaudé craint l'eau froide), je le rachèterai volontiers pour les vacances, histoire de varier les supports de lecture


Pour en savoir plus, n'hésitez pas à aller sur la page du magazine : http://www.picoti-magazine.com/

lundi 17 février 2014

"Petits meurtres en petite France" de Geneviève Senger

 
 
Résumé : Jules, élève de terminale dans un lycée de Strasbourg, prend des cours particuliers de chinois auprès de sa camarade Lan. Quand cette dernière est retrouvée sauvagement assassinée dans le pub où elle travaillait, pour l'adolescent, cela ne fait pas doute, c'est son patron et amant qui est coupable. Alors qu'il s'entête dans cette voie, deux autres meurtres viennent ébranler la communauté chinoise de la capitale européenne. Jules se serait-il trompé de coupable ? Son obstination ne risque-t-elle pas de le mettre en danger ?
 
Avis : Premier roman des éditions Oskar que je lisais, je me suis laissée tenter par l'histoire et le format (j'avais un aller-retour en train à occuper et je sentais bien que je pouvais finir ce livre de 240 pages).
Si le point de départ est "séduisant" - un maniaque s'en prend à des jeunes filles de la communauté chinoise de Strasbourg, le choix du narrateur a pour moi un peu gâché l'ensemble. Le jeune Jules ne m'a en effet pas paru très cohérent. Bien évidemment, il prend à coeur les disparitions puisqu'il était l'élève et le camarade de la première victime. Mais son attitude et ses propos m'ont quelque peu dérangée, notamment son premier interrogatoire au poste de police. J'ai trouvé que pour un ado de 17 ans qui n'avait jamais eu affaire aux forces de l'ordre, il était plutôt léger dans son attitude et sa façon de s'adresser à la policière qui l'interroge. Et ceci alors qu'il est plutôt réfléchi dans les passages introspectifs qui nous sont donnés à lire. Sans parler de la fameuse lettre qu'il écrit qui ne le rend pas sympathique au yeux du lecteur, même si cet évènement permet ensuite d'aborder des thèmes graves comme le suicide, la rédemption et la présomption d'innocence.
Quant à l'amour du jeune homme pour Li Ming, je me suis demandé d'où il arrivait. On nous l'expose comme un fait acquis alors que la jeune chinoise n'apparaît qu'à la moitié du roman et qu'elle ne donne pas l'impression de connaître le narrateur. Ils sont certes scolarisés dans le même établissement mais cela ne m'a pas paru suffisant.
Voir l'histoire à travers les yeux de Jules permet à l'auteur de nous mettre sur de fausses pistes mais la révélation finale m'a semblée un peu banale et je n'ai pas eu l'impression d'être face à une intrigue particulièrement complexe.
Une lecture en demi-teinte donc, qui a été rapide grace au style fluide de l'auteur mais dont l'intrigue et les personnage principal n'ont pas su me convaincre. Dommage !

Oskar éditions, 240 p., 2013.

lundi 10 février 2014

"Les évaporés" de Thomas B. Reverdy

 
 
Résumé : Yukiko a quitté son pays natal voilà 15 ans pour ne plus jamais y retourner. Mais quand Kaze, son père, disparaît du jour au lendemain sans laisser de trace, elle n'hésite pas et saute dans le premier avion pour Kyoto. Elle part avec Richard, son ex-amant américain et détective privé, dans l'espoir de retrouver celui qui s'est évaporé.

Avis : Roman de la rentrée littéraire de septembre, j'en avais retardé la lecture suite à une présentation en librairie qui ne m'avait pas vraiment enthousiasmée. J'y suis finalement revenue quelques temps plus tard et je m'en félicite. J'ai du mal à résister à l'appel du Japon...
Si les premières pages m'ont laissée de marbre, une fois que Richard et Yukiko atterrissent à Kyoto, tout bascule. Nous voilà plongés en plein coeur de l'archipel nipponne post-Fukushima, avec son peuple qui essaie de de reconstruire, de faire comme si de rien n'était, de continuer à exister.
Le langage est très simple mais en même temps très poétique, ponctué par moments des haïkus de Richard. Les histoires et les personnages se côtoient et se mèlent subtilement jusqu'à la fin, douce-amère, qui m'a arraché une petite larme.
Chaque chapitre présente en alternance l'avancée d'un des quatre personnages principaux : Kaze, Akainu, Yukiko et Richard. On se surprend à vouloir découvrir ce que chacun est devenu les temps des chapitres consacrés aux autres. Et on se demande également quand, et comment, tout ce petit monde va pouvoir se croiser. Ou pas d'ailleurs, puisque je ne dirai rien du dénouement. 
Des chapitres "contemplatifs" ponctuent l'histoire, plus longs et au rythme plus lent. Un narrateur nous interpelle et nous fait visiter Kyoto ou bien encore les ruines entourant la centrale de Fukushima. A chaque fois, c'est un aperçu des us et coutumes japonais, des traditions, de la mentalité. Le mot qui survole le tout est pour moi "honneur" : faire honneur à sa famille, faire honneur à son pays, faire honneur à ces ancêtres. J'ai découvert à l'occasion de cette lecture le phénomène des johatsu, c'est-à-dire des personnes disparaissant volontairement, quittant complètement leur vie. Ce ne sont ni des fugueurs, ni des suicidés. Des gens qui s'en vont, un jour, laissant tout derrière eux et ne revenant jamais. Il y en aurait 100 000 par an, des jeunes et des moins jeunes. 
L'auteur a résidé au Japon et cela se sent. Il a une vision très juste de la mentalité japonaise si différente de la notre (je ne prétends pas être une spécialiste du pays du Soleil Levant, mais je me classe tout de même dans la catégorie des amateurs éclairés).
La description du Japon post-Fukushima est très réaliste et très documentée. Elle donne d'ailleurs froid dans le dos. Tous ces disparus... tous ces sacrifiés travaillant encore dans les décombres radiocatifs de la centrale... Tous ces réfugiés, ces déplacés... Certains passages font vraiment mal au coeur.
Une lecture très belle et très mélancolique en même temps que je recommande chaudement à tous les amoureux du Japon. Et à tous les autres aussi.
 
Flammarion, 299 p., 2013.