lundi 22 décembre 2014

"De Cape et de Crocs Tome 11 : Vingt Mois Avant" d'Ayroles et Masbou



Résumé : Eusèbe, sur les recommandations de son père, part à la capitale pour intégrer les casaques pourpres du Cardinal, dirigées par le Capitaine de Roquefort. Mais notre lapin, tout provincial qu'il est, sera entraîné bien malgré lui dans un enchaînement de situations où il ne maîtrisera plus grand chose. Il est en effet difficile de survivre lorsqu'on s'est fait pour ennemi Monsieur de Limon, le lieutenant général de la police.

Pourquoi ce livre : parce que De Cape et de Crocs est une de mes séries culte et que je ne pouvais moralement pas manquer le tome consacré à Eusèbe, mon lapin préféré.

Avis : Pas du tout objectif, m'en voilà fort navrée :o) Je suis cette excellente série depuis le tome 1 et chaque nouvel opus apporte son lot de répliques et de situations succulentes.
Nous sommes face au passé d'Eusèbe, mon personnage préféré, petit lapin bien sous tout rapport mais cachant une vie d'aventure. Celui-ci prend la route de la capitale dans l'espoir d'intégrer la garde du cardinal, où son père s'illustra des années auparavant. Bien évidemment, il va se faire avoir et changer dix fois de destin, mais tout en conservant une naïveté sans faille.
Les clins d’œil, à l'histoire, à la littérature, ponctuent comme d'habitude le texte et les illustrations. Colbert devient Colvert (littéralement du reste puisqu'il s'agit... d'un canard), nous avons des mousquetaires, la plus célèbre peinture de Mazarin qui s'invite dans une case, une escapade à la cour des miracles, etc. 
Et cette langue ! Ah, cette langue.... Je ne résiste pas à vous citer quelques passages : "C'est un ami à moi, Monsieur de Lisière, qui l'a écrit. Il fait commerce de ses vers et rédige force poulets et madrigaux qu'il vend - selon ses propres termes - à des gens de pesante bourse et d'esprit épais", "Paris est un séjour aux sans-sou peu propice : sous leur pied mal chaussé, souvent le pavé glisse".
Une nuance cependant : trop de personnages tuent le personnage. A un ou deux moments, fatiguée de ma journée, j'avoue que je ne savais plus trop qui était qui.
Si vous ne connaissez pas les 10 autres tomes, rien ne vous empêche de commencer par celui-là, mais vous manquerez sans doute un peu de l'essence de la série. Car le mystère autour du passé d'Eusèbe apporte pas mal de piquant dans les histoires précédentes.
N'hésitez pas une seule seconde à vous lancer dans l'aventure De Cape et de Crocs, c'est du bonheur en cases !

Delcourt, 2014, 49 p.

vendredi 19 décembre 2014

"Au bois dormant" de Christine Féret-Fleury


Résumé : Ariane n'a pas une vie comme les autres. A presque 16 ans, elle déménage sans cesse, n'a pas d'amis, pas d'attaches. Un mystère plane sur sa famille que ses parents lui cachent farouchement. C'est pas hasard qu'elle découvre que lorsqu'elle est née, son père et sa mère on reçu une lettre leur annonçant que le jour de ses 16 ans, elle devra mourir. Elle est en effet la prochaine victime du tueur en série Le Rouet qui s'en prend à des jeunes filles lui ressemblant. Ariane décide de fuir et d'affronter seule son destin.

Pourquoi ce livre : Prêté par une collègue, j'avais envie de lire une réécriture de conte de fée digne de ce nom.
 
Avis : Heureuse surprise que ce roman ! Je me méfie un peu de la collection BlackMoon car c'est quitte ou double : je tombe sur de très bonnes choses et sur d'autres avec lesquelles je n'accroche pas du tout.
Je voulais lire une réécriture de conte de fée qui ne soit pas mièvre ou gnangnan et cette histoire a tout à fait comblé mes attentes.  Pas d'histoire d'amour, pas de robe de princesse ou autre élément trop girly, on est dans du policier / psychologique (notez que je n'ai rien contre le girly ou les robes de princesse, tout dépend de mon état d'esprit du moment).
La transposition à notre époque fonctionne à merveille et on suit avec angoisse les journées d'Ariane, qui lutte pour sa survie. Elle trouve du réconfort auprès de 4 inconnues qui lui ouvrent les bras et lui offrent l'hospitalité. On y croit moyennement vu l'époque individualiste dans laquelle nous sommes (malheureusement) mais passons ! On a du mal à imaginer l'enfance qu'elle a vécu, complètement cloîtrée par ses parents, obligée de déménager au moindre soupçon, ne se liant avec personne et surtout, ne se créant aucune attache, aucun lien. Sa fuite est en quelque sorte une libération, même si elle la condamne à affronter seule le Rouet.
Jude campe un policier en proie au doute, rongé par ses démons. J'aurais aimé voir d'avantage sa soeur et pas sûre que le personnage de Yoko qui gravite autour de lui soit très pertinent. Cependant, les réflexions sonnent justes et on attend fébrilement les avancées de l'enquête.
Tous les éléments du conte originel sont présents mais complètement remaniés : le rouet devient le Rouet, surnom d'un tueur en série, le prince devient policier, les marraines deviennent des inconnues qui tendent la main, etc.
L'ensemble est très bien écrit et surtout, crédible. La fin glace le sang, avec un côté macabre digne d'un film d'épouvante. D'ailleurs, en parlant de film, je pense que ce livre pourrait donner une très bonne adaptation.
Je recommande pour une lecture détente de saison.

Hachette Livre, juin 2014, 336 p. (collection Blackmoon)

mardi 9 décembre 2014

Attendre Noël avec des livres pour les plus petits




Cette année, c'est le 1er Noël où mon fils de 2 ans va un peu comprendre ce qui se passe. Les fêtes de fin d'année ne sont pas ma période préférée mais quand on a un enfant, on essaie de se remotiver un peu.
Pas de calendrier Kinder ou Milka au programme mais quelques lectures sympathiques qui collent bien à la saison. Cette sélection représente bien évidemment une infime partie de la production éditoriale jeunesse de plus en plus foisonnante d'année en année (jusqu'à l'opportunisme parfois car la qualité des histoires n'est pas toujours au-rendez-vous).
Voici donc quelques achats qui font l'objet d'une lecture quasi quotidienne depuis leur arrivée dans la maison.

La moufle (Didier Jeunesse)
Conte traditionnel, c'est surtout son grand format qui m'a séduit. Les illustrations de Cécile Hudrisier sont comme toujours très belles et très colorées (je suis fan de son travail), le texte est très sympathique à lire car on peut jouer sur la voix des animaux. C'est un peu long alors attention si vous avez un enfant qui a du mal à se concentrer.


Oui-Oui fête Noël (Nathan jeunesse)
Oui-Oui prépare sa maison pour récevoir le Père Noël et demande de l'aide à ses amis. Rien de révolutionnaire dans l'histoire mais c'est un format vite lu, il y a pas mal de rimes dans le texte et on retrouve les indispensables de Noël :  sapin, cadeaux, traineau, bonhomme de neige... 

Petit Ours Brun attend le Père Noël (Bayard jeunesse)
Autre personnage incontournable pour les plus petits, Petits Ours Brun lutte ici contre le sommeil pour attendre le passage du Père Noël avec sa cousine. Bien évidemment, ils vont s'endormir avant l'heure. Même format de poche que Oui-Oui, vite lu donc.

Peppa's Christmas wish (Scholastic)
Il est très difficile de trouver en France du "matériel" Peppa Pig, personnage que j'ai découvert par hasard en Angleterre et qui est maintenant dans les Zouzou de France 5. Du coup, j'achète les livres sur une librairie en ligne (et non, pas Amazon). Il y a deux histoires dans le même livre : dans la première, le Père Noël a oublié le cadeau de Peppa dans son traineau. Dans la deuxième, Peppa et son frère George font un bonhomme de neige. Je regrette juste la qualité du livre : les pages sont plus proches du magazine qu'autre chose.

Le sapin de Noël de Trotro (Gallimard)
L'âne Trotro décore le sapin de Noël avec ses parents. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne sera pas traditionnel. Les dessins peuvent rebuter certains, moi je trouve ce personnage très sympa. La forme du livre est aussi un vrai plus. Les pages sont en carton, ce qui évite leur massacre par les plus petits.

Le Père Noël (Usborne)
Le Père Noël entame sa tournée de distribution de cadeaux. Il y a un son à chaque page ce qui rend l'ensemble interactif. C'est un peu gadget et le volume sonore est un peu trop élevé à mon goût mais ça plaît à mon fils, ce qui est le but. Les pages brillent beaucoup grâce à des inserts argentés.

Et vous, c'est quoi vos lectures de saison ?





mercredi 3 décembre 2014

"Le cercle des femmes" de Sophie Brocas


Résumé : Suite au décès d'Alice son arrière grand-mère, Lia, une étudiante de 20 ans, vient passer quelques jours avec sa mère, sa grand-mère et la meilleure amie de son aïeule dans la maison de cette dernière. Il faut en effet la débarrasser. Alors qu'elle range des affaires dans une chambre, la jeune femme découvre une boîte renfermant le journal d'Alice, tenu 60 ans plus tôt. Un terrible secret de famille est alors mis à jour, qui va insidieusement faire éclater ce cercle de femmes.

Pourquoi ce livre : C'est celui que j'ai choisi parmi la sélection des Matchs de la Rentrée littéraire sur le blog de PriceMinister - Rakuten.

Avis : Un secret de famille n'est pas spécialement le genre de thème que j'affectionne, aussi je me suis dit que c'était l'occasion rêvée de sortir de mes habitudes. Il s'agit du premier roman de Sophie Brocas, qui d'après la 4ème de couverture "travaille au service de l’État" (je suppose que c'est le terme politiquement correct pour dire "fonctionnaire"............ bref).
L'histoire se déroule principalement à travers le personnage de Lia, l'arrière-petite fille de la défunte, âgée de 20 ans au début du roman. C'est elle qui fait la découverte du journal d'Alice, son aïeule.
La première remarque que je ferai est que ces femmes ne sont pas très attachantes. La raison principale est qu'à part Lia, aucune ne se remet en cause suite au séisme de départ. Passé le choc, tout revient comme avant : chassez le naturel, il revient au galop. J'ai du mal à croire que Sol, la grand-mère de 60 ans, est trop vieille pour s'interroger sur ses modes de fonctionnement avec les hommes. Je fais partie de ces gens qui pensent qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Les ravages de l'éducation et surtout des non-dits sont très bien amenés à travers le texte. On voit parfaitement le mécanisme implacable qui a fait qu'Alice a sans le vouloir condamné par avance la vie affective de sa fille, de sa petite-fille et de son arrière petite-fille.
Ce roman est un roman de femmes, les hommes qui ont pourtant un rôle central sont laissés à la marge. Je n'ai d'ailleurs compris l'intérêt du personnage de Marcel, ami d'Alice dans ses vieux jours, qui n'apporte rien à l'histoire. Pierre, l'arrière-grand-père, bénéficie d'un portait sans fioriture et apparaît dans toute sa lâcheté et sa liberté. J'aurais aimé que son histoire pendant la guerre ait plus de poids dans son attitude. On parle de quelqu'un qui a été fait prisonnier de guerre pour résistance, ne me faites pas croire que cela n'impacte pas un minimum sa façon d'être !
Le message est cependant très positif et peut trouver un écho en chacun de nous : faire la paix avec son histoire, vivre sa vie comme on l'entend et pas à travers celle de quelqu'un d'autre. Crever l'abscès aussi, tant qu'il est encore temps.
Le style est fluide, écrit au présent, ce qui n'alourdit pas le rythme. Chaque chapitre est consacré à l'histoire / au point de vue d'un personnage, le tout sur quelques années.
Ce premier roman est prometteur, Sophie Brocas ne cède pas à la facilité, cependant plus de psychologie n'aurait pas nuit à l'ensemble.

Pour les besoins des matchs, je mets la note de 3,5/5 à cette lecture.

Vous pouvez retrouvez la fiche du livre ici.

Julliard, 2014, 194 p.