lundi 28 décembre 2015

"Surprises de Noël" d'Andreï Kourkov




Résumé : Trois nouvelles se passant l'hiver, vers Noël, dans l'Ukraine post-URSS et en pleine Révolution Orange, trois histoires burlesques et / ou farfelues.

Pourquoi ce livre : Vu le titre, je me suis dit que c'était le moment idéal pour le lire. Sachant que je ne connaissais pas l'auteur non plus.

Avis : Achat d'impulsion en librairie d'un auteur ukrainien que je n'avais jamais lu, cette courte lecture m'a occupée 1h entre deux expéditions pour finir mes courses de Noël.
Nous découvrons un pays qui se réveille après la chute de l'URSS, avec un fonctionnement à inventer, où l'armée exerce une certaine pression en arrière plan mais où les gens sont aussi un peu groggy. Maintenant qu'on est un pays indépendant, qu'en faire ? Une des nouvelles met carrément en scène la Révolution Orange avec une abracadabrante histoire de prisonnier politique qui fait pousser des champignons dans sa cellule.
Dans ce très court recueil, l'humour cache parfois un regard un peu amer sur ce pays qui se cherche (la couverture reflète ainsi très bien le ton général). La corruption semble par exemple un fait établi sans lequel il ne peut pas se passer grand chose.
Sur trois nouvelles, il y en a une seule qui m'a laissée un peu indifférente. Celle de la nuit de Noël "tourisme extrême" étant ma préférée.
Il s'agit sans doute d'une bonne entrée pour découvrir l'auteur, ceux le connaissant déjà peuvent attendre Noël 2016 !


Editions Liana Levi, collection Piccolo, 2015, 62p.

mardi 22 décembre 2015

"Le château de Cassandra" de Dodie Smith

Ok, j'avoue, je suis en mode hibernation avancée. Je lis, je lis mais... le soir arrivant, je n'ai plus envie d'allumer mon PC, j'ai juste envie de me morfondre sur mon canapé / lit / fauteuil (rayer la mention inutile) et bouquiner. Mais assez avec mes états d'âme, je vous livre le compte-rendu de ma dernière lecture qui m'a beaucoup plu.




Résumé : Nous sommes en Angleterre, dans les années 1930 et Cassandra, jeune fille de 17 ans, tient un journal dans lequel elle raconte le quotidien de sa famille désargentée dans un château en ruine. Lorsque deux jeunes américains s'installent dans le château voisin, l'existence de chacun s'en trouve bouleversée.

Pourquoi ce livre : récupéré au boulot, il m'a semblé que c'était un classique de la LJ outre-Manche.

Avis : J'ai mis très longtemps à le lire, un mois peut-être, déjà parce que l'action n'est pas fulgurante, ensuite parce qu'il est très long : 556 p. (ok, l'excuse qui ne vaut rien !!).
Nous plongeons des deux pieds dans la vie et dans la tête de Cassandra Mortmain, issue d'une famille de 3 enfants. La mère est décédée, le père est un écrivain qui a écrit un roman ayant connu le succès et qui depuis une dizaine d'années est confronté au problème de la page blanche. L'argent gagné a disparu petit à petit, laissant sa famille sans le sou, voire même dans une pauvreté certaine. Ils vivotent tous grâce à la générosité du propriétaire qui "oublie" de leur réclamer le loyer ainsi que grâce aux quelques livres sterling que gagne Topaz, la belle-mère des enfants, en posant à Londres pour des peintres. On l'a compris, il s'agit d'un milieu artistique, bobo dirions nous maintenant.
Thomas, le garçon, va à l'école grâce à une bourse, les deux filles aînées, Rose et Cassandra, ont dû abandonner faute d'argent. Cassandra est cependant une lectrice avide et apprécie par-dessus la poésie à laquelle elle fait de nombreuses références.
Malgré des conditions de vie difficiles, il règne une certaine gaité dans la maisonnée, notamment grâce à Topaz qui apporte une petite touche excentrique. Notons qu'elle a de très bons rapports avec Cassandra.
Celle-ci est une très bonne observatrice des rapports humains doublée d'une fine psychologue, ce qui fait que ses remarques sont très pertinentes, sensibles, souvent drôles d'ailleurs et ses introspections très sérieuses pour une jeune fille de 17 ans. J'ai beaucoup aimé sa façon de penser, tout en nuance.
Elle connait ses premiers émois amoureux avec l'arrivée des deux jeunes américains dans une propriété voisine. Je ne suis pas très sûre d'apprécier ces personnages à leur juste valeur mais leur venue va révolutionner la vie des Mortmain donner de la profondeur au récit.
J'ai lu avec attention les passages décrivant les codes de la société des années 30, dans un certain milieu huppé en tout cas, avec toutes les conventions à respecter (pendant les repas, pour danser, pour s'habiller, etc).
Sans l'avoir dévorée - faute d'énergie, je me suis laissée prendre par cette fiction avec enthousiasme et j'ai particulièrement apprécié les remarques et la sensibilité de l'héroïne qui sonnent très justes.
A noter, Dodie Smith est à l'origine de l'histoire des 101 Dalmatiens de Disney.


Gallimard jeunesse, Pôle fiction, 2015, 556 p.

mercredi 9 décembre 2015

Pas motivée pour chroniquer #3

Une certaine léthargie s'empare de moi en ce début décembre, la faute à la fatigue et aux jours qui raccourcissent..... J'ai entamé plein de livres, arrêté de les lire en plein milieu, lu d'autres. Bref, le grand n'importe quoi.
Voici donc un mini MINI compte-rendu de lecture...

Acheté sur un coup de tête à Leclerc (tout fout le camp) alors que j'étais venue pour autre chose, le côté Noël et lecture plaisir m'ont tentée. Le résumé est plutôt mensonger, on s'attend à ce qu'Emma rencontre un beau brun inconnu alors qu'en fait, il s'agit de son meilleur ami depuis 10 ans qui lui déclare enfin sa flamme. En gros, ils passent 250 pages à s'avouer leurs sentiments (réciproques) et à se demander comment ils vont l'annoncer à leur bande de copains. Pas très haletant mais bien écrit et sympa. A lire sous un plaid polaire si vous avez envie de vous détendre une heure.

A noter, Emily Blaine est une auteure française, comme son nom ne l'indique pas ! :)


&H, octobre 2015, 320 p.

jeudi 3 décembre 2015

"100 idées créatives pour Noël" aux éditions Usborne


Ce mois de décembre est arrivé tellement vite que je me SENS démunie face à la période de festivités qui arrivent. Je n'ai jamais trop ressenti l'esprit de Noël, ce n'est pas spécialement ma période préférée de l'année, mais avec la naissance de mon fils - séquence émotions - je suis rentrée dans le droit chemin. Pour un enfant, cette période a quelque chose de magique et j'avoue que c'est vraiment sympa d'être témoin de tout ça. Il a maintenant 3 ans et peut participer pleinement aux préparatifs.
Initialement, j'ai commandé 100 idées créatives pour Noël pour le travail et plus je le feuilletais, plus je trouvais que des choses seraient vraiment adaptées pour un enfant en bas âge.

Le défi me faisait un peu peur parce que je ne suis pas spécialement manuelle (mes talents se résument à quelques bracelets Brésiliens et des bijoux en perles).
Autant certaines activités proposées sont inabordables pour un moins de 5 ans, autant d'autres sont vraiment accessibles. De toute façon, pour les plus "difficiles", un adulte qui aime bricoler pour Noël y trouvera tout à fait son compte. Ça vaut le coup de le feuilleter même si on n'a pas d'enfant à la maison parce même si c'est un livre jeunesse, il peut plaire à tout le monde.
La mise en page est claire avec la réalisation finale sur la page de gauche et les explications sur la page de droite. 

Petit bémol : le format type guide relié qui ne permet pas de garder le livre ouvert et nécessite même d'écraser franchement le dos quand on veut rester sur une page.

J'ai déjà testé la ronde des bonhommes de neige, gros succès !

Usborne, 2014, 2017 p.

samedi 28 novembre 2015

"The silkworm" de Robert Galbraith (aka J.K. Rowling)




Résumé : Cormoran Strike, détective privé londonien, est chargé par la femme de l'écrivain Owen Quine de retrouver ce dernier. Disparaître quelques jours est dans les habitudes de l'auteur, mais là, le temps passe. L'enquête se complique quand le dernier manuscrit de Quine fait surface et que c'est une véritable bombe pour le petit monde de l'édition. Et quand l'écrivain rencontre une mort aussi atroce que grotesque, il est clair que le tueur va donner du fil à retordre notre enquêteur.

Pourquoi ce livre : Parce que j'avais beaucoup apprécié le 1er opus de la série, The cuckoo's calling.

Avis : J'ai retrouvé avec grand plaisir le détective Cormoran Strike qui est en passe de devenir un de mes personnages de fiction favoris. Je n'ai pas été déçue par ce tome, dans une intrigue qui s'éloigne bien de la première. Enfin, oui et non. Dans The cuckoo's calling, on était plongé dans le microcosme de la mode. Là, c'est le monde de l'édition qu'il nous est donné de voir, avec ses alliances, ses rancœurs, ses écrivains vedettes et ses éditeurs peu scrupuleux. Les relations et les interactions des personnages les uns avec les autres sont extrêmement bien menées et bien amenées.
Il y a une belle galerie de protagonistes et il m'a été parfois difficile de me souvenir de qui était qui parmi tous ces noms (la fatigue....). Cela permet bien évidemment de multiplier les (fausses) pistes et J.K Rowling nous mène bien par le bout du nez jusqu'au dénouement. L'horreur de la mise en scène du meurtre intrigue bien évidemment car devant tant d'acharnement, on se demande vraiment qui peut être assez dérangé pour faire ça. Ma théorie du début s'est révélée complètement fausse d'ailleurs ! La fin est un peu tirée par les cheveux, notamment la façon dont Cormoran assemble toutes les pièces du puzzle, mais je pardonne ce léger défaut qui n’entache pas le reste du roman.
Les amateurs de thrillers haletants peuvent passer leur chemin, il s'agit d'une histoire "old school", qui prend son temps. Pas de suspense, ni cliffhanger.
Cormoran est un personnage qui j'apprécie de plus en plus au fil des pages. Il a de l'épaisseur, est sensé et se montre imperturbable dans beaucoup de situations mais il possède cependant ce talon d'Achille nommé Charlotte qui le rend terriblement humain. Can't wait for more ! Je rêve d'ailleurs d'une adaptation ciné....
Comme disent nos voisins les anglais, il s'agit d'un excellent whodunit. Je recommande ! Le charisme du personnage principal est la cerise sur la gâteau.

Sphere, 2014, 580p. (paru en fraçais en Livre de poche en 2015)

vendredi 20 novembre 2015

"Four" de Veronica Roth



Résumé : Comment en pourquoi Four a-t-il décidé son transfert des Altruistes aux Audacieux ? Qu'est-il réellement arrivé à sa mère ? Comment ressent-il la montée en puissance des Erudits ? Autant de réponses auxquelles ce tome consacré à l'un des personnages principaux de Divergente apporte.

Pourquoi ce livre : Parce que j'ai beaucoup aimé la serie Divergente et notamment le personnage de Four (Quatre).


Avis : Attention, des spoilers peuvent se glisser dans les prochaines lignes pour ceux qui n'ont pas lu la trilogie de Veronica Roth !
Parallèle intéressant avec la série d'origine, ce tome nous offre une fenêtre sur la vie et les sentiments de Tobias Eaton, alias Four. Les histoires qu'il contient peuvent se lire à la suite de Divergente car elle ne dévoile rien de la suite de la trilogie.
Je craignais l'opportunisme éditorial, on y échappe dans la mesure où il ne s'agit pas d'une réécriture de Divergente du point de vue de Four, contrairement à Midnight Sun de Stephenie Meyer qui relatait Twilight du point de vue d'Edward (rendons d'ailleurs hommage à S. Meyer qui a initié la première la mode de ces réécritures). On se concentre plutôt sur la vie de Tobias AVANT sa rencontre avec Tris ce qui permet de cerner un peu mieux le personnage. Tant mieux car j'avais peur de lire quelque chose de dégoulinant et de sirupeux centré sur la relation des deux personnages principaux de la série.
Four n'a pas eu une vie jolie-jolie avant son transfert, entre un père qui le battait "pour son bien" et une mère soit-disant morte. Son arrivée chez les Audacieux est un choix par défaut, pour survivre plus qu'autre chose. C'est bien la raison pour laquelle il n'est jamais vraiment rentré dans le rang de sa nouvelle famille. On réalise très rapidement qu'il mène sa propre enquête sur les liens Audacieux - Erudits et qu'il n'aime pas ce qu'il y trouve. D'autant plus que quelques morts suspectes parmi ses connaissances viennent renforcer sa paranoïa.
J'aime beaucoup le personnage de Four qui est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Il fait des erreurs mais essaie malgré tout d'aller de l'avant. Mon petit coeur se serre en pensant à la fin du tome 3...
Seule la dernière des 4 nouvelles fait apparaître Tris puisqu'elle a lieu lors du jour des visites. A la fin de l'ouvrage figurent 3 courtes scènes réécrites du point de vue de Four où elle a plus de place. 
Cette lecture est à réserver aux fans de la série, les autres peuvent parfaitement se contenter de lire l'histoire standard.
NB : une fois de plus, je m'insurge contre le prix de ce livre en France. Il est vendu au même prix que les trois autres tomes, soit 16,90 €, alors qu'il est beaucoup moins dense et beaucoup moins fouillé. Là on est dans le mercantile pur et ça me hérisse le poil !!


Harper Collins, 2014, 285 p.

mercredi 11 novembre 2015

"Un assassinat de qualité" d'Ann Granger



Résumé : Londres, fin du XIXème siècle. Le corps d'Allegra Benedict, femme d'un riche marchand d'art, est retrouvé dans Green Park alors que le fog londonnien se dissipe. Que faisait cette épouse privilégiée dans un tel endroit ? Pourquoi avait-elle décidée de revendre un bijou de famille quelques heures auparavant ? L'inspecteur Ben Ross de Scotland Yard mène l'enquête. Son épouse Lizzie fait quant à elle d'étranges découvertes en lien avec le meurtre. 

Pourquoi ce livre : Il me tardait de retrouver Benjamin Ross et Elizabeth Martin dans l'environnement londonien.

Avis :  Cette fois-ci, c'est surtout Benjamin qui mène l'enquête et tant mieux car c'est beaucoup plus cohérent ! J'aime beaucoup sa façon d'appréhender les problèmes et je le trouve d'une rigueur toute rassurante pour un représentant des forces de l'ordre. Le voici marié à Lizzie, sans que l'auteur ne s'appesantisse sur cette relation. Il s'agit de romans policiers avant tout. J'ai quand même bien aimé les coups d'oeil jetés à leur intérieur et à leur quotidien.
Il est toujours autant question de différences entre les classes et entre les sexes. Le traitement réservé aux femmes, qu'importe leur milieu social, ne fait pas spécialement envie. On les regarde toujours avec suspiçion, au mieux, avec condescendance.
Le personnage du révérend Fawcett est à mes yeux sous-exploité alors qu'on comprend rapidement qu'il est une pièce maîtresse sur l'échiquier de l'enquête. Sa psychologie n'est que survolée, tout du moins elle n'est vue qu'à travers le prisme d'autres personnages (Lizzie, Ben, Bessie, etc). J'aurais apprécié qu'il ait droit à plus de place dans l'intrigue.
Cette dernière est bien traitée, jusqu'au bout on se demande qui est responsable de quoi. Ce n'est pas non plus quelque chose de révolutionnaire même si la trame est bien ficelée. L'ambiance du fog londonien rajoute une couche de mystère un peu oppressante.
Cette lecture n'a pas été désagréable mais à l'issue du tome 3, je trouve qu'il lui manque un petit supplément d'âme qui me ferait vraiment m'enthousiasmer. Je trouve que la série n'apporte pas grand chose au genre malgré deux personnages principaux très intéressants. Dommage !


10/18, Grands détectives, 2015, 355 p.

samedi 31 octobre 2015

"Douze ans, sept mois et onze jours" de Lorris Murail




Résumé : Walden, douze ans, est abandonné par son père dans une cabane au fond d'une forêt du Maine. Pour tenir, quelques boîtes de conserve, une carabine et deux livres de Henry David Thoreau. Pour survivre, le jeune garçon va devoir puiser dans ses ressources. 

Pourquoi ce livre : Je l'avais repéré à sa sortie et voilà qu'il fait partie d'un prix littéraire pour ados près de chez moi... Du coup, il s'imposait !

Avis : Difficile à classer, cette histoire commence comme un survival un peu cruel et puis... bascule complètement dans le thriller dans la 2ème partie. Il y a quelques passages relativement angoissants, notamment à la fin de la 1ère partie, avec un clin d’œil à Christine de Stephen King ! Et le coup du pigeon...... excellent !! Ce n'est pas non plus un roman angoissant outre mesure mais le décor crée un vrai sentiment de huis-clos.
On est bien évidemment obligé de prendre partie pour le pauvre Walden, abandonné par son père au fin fond d'une forêt du Maine, dans une pauvre cabane en bois. Je ne sais même pas comment il survit à sa première nuit sans mourir de peur. Et puis, même à 12 ans, on trouve en soi la force d'aller de l'avant. Il y a toujours cette idée malsaine en toile de fond qui consiste à vouloir à tout prix faire plaisir à son père.
On ne sait pas trop quoi faire au départ de ces pages "introductives" mettant en scène Jack mais on se doute bien qu'elles auront une importance capitale par la suite. Ce père de famille m'a semblé de prime abord parfaitement antipathique : viril à l'américaine (amateur de baseball et d'armes à feu, prenant son fils pour une mauviette parce qu'il n'est pas sportif.... sans parler de ses rapports avec sa femme). La suite de l'histoire le nuance un peu mais cela n'a pas suffit à le racheter à mes yeux. En effet, pourquoi ne s'est-il pas séparé de sa voiture, l'Impala rouge cerise ?... Et je ne suis pas la seule à me poser la question.
Le décor de la forêt du Maine est absolument magnifique, extrêmement bien décrit. On s'imagine tout à fait au bord de ces lacs, sous ces arbres centenaires. La nature est à la fois très belle et très hostile. Surtout pour un citadin qui n'a pas de notions de botanique !
Il s'agit également d'un hommage à l’œuvre de Henry David Thoreau, philosophe / essayiste / poète américain qui vécut seul pendant 2 ans au cœur de ces forêts. De lui, je ne connais que La désobéissance civile qui est une lecture que j'ai beaucoup appréciée.
Je n'ai pas été déçue par ma lecture, c'est une bonne découverte.

PKJ, 2015, 304 p.

samedi 17 octobre 2015

"Divergente" de Veronica Roth




Résumé : Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions. À 16 ans elle doit choisir sa nouvelle appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d'aptitudes n'est pas concluant. Elle est divergente. Ce secret peut la sauver... ou la tuer. (résumé éditeur)

Pourquoi ce livre : Je le prends avec un train de retard car il est sorti en pleine effervescence Hunger Games et honnêtement, j’estimais en avoir soupé des dystopies ados. Et puis, j’ai vu le film que j’ai beaucoup aimé (j’ai la fâcheuse habitude ces derniers temps de commencer par l’adaptation, cf Jane Eyre). Du coup, je ne pouvais pas rester sans lire l’œuvre originale.

Mon avis : Excellente série grand public, j’enchaîne les tomes comme une loutre affamée. J’ai même commandé Four centré sur le personnage de… Four. Sans blague. En espérant que ça ne fleure pas l’opportunisme éditorial…
L’univers créé par Veronica Roth est cohérent et original, le système des factions donne à réfléchir, y compris ce qui concerne le choix. Il n’y a pas de faction qui fait plus envie qu’une autre, chacune a ses avantages et ses inconvénients. Bien sûr, j’imagine que dans l’imaginaire collectif il est plus cool d’être un audacieux badass tout de cuir noir vêtu qu’un fraternel qui chante des chansons pieds-nus. Je caricature ! 
Se pose le problème de ceux qui échouent à leur test d’initiation et qui finissent sans-factions, à la merci de la charité des autres. L’idée est qu’en dehors de la faction, point de salut ("faction before blood") : c’est une vision du monde qui se discute. L’histoire est relativement cruelle par moments, avec des passages un poil sadiques (exécution sommaire d’enfant, mais dans le tome 2).
En ce qui concerne l’initiation des audacieux, j’aime bien le concept des simulations et l’obligation d’affronter ses peurs. J’imaginais ce que donneraient mes parcours… l’angoisse. On a tous peur de quelque chose.



L’initiation des Sincères est encore moins sympa, dans le genre humiliation publique. Je vous laisse la découvrir.
Le personnage principal que nous suivons de près est donc Beatrice Prior alias Tris, Audacieuse transfuge des Altruistes. Je l’ai trouvée parfois un peu difficile à cerner, ce qui n’est forcément négatif. On suit son évolution et ses doutes. Le couple vedette fonctionne bien (OUF, pas de triangle à la con noix). Four n’est pas là pour satisfaire les midinettes, il a de l’épaisseur et n’est pas spécialement le beau-gosse de service : oreilles décollées, nez un peu trop présent, etc. La magie d’Hollywood le rend quand même comestible.



Son histoire se dévoile au fur et à mesure et il prend de plus en plus d'ampleur au fil des pages.
Les personnages secondaires renforcent l’ensemble et ils ne sont pas trop clichés même s’il y a les « méchants » et les « amis ».
Il s’agit d’une très bonne réflexion sur le libre arbitre, la place qu’on occupe dans la famille et la communauté, les sacrifices qu’on est prêt à faire pour trouver sa place justement. J’aimerais dire qu’il me tarde de découvrir le tome 2 pour en apprendre plus sur l’affreuse Jeanine et les Divergents mais en fait… c’est déjà le tome 3 que j’attends. *^^* (d'ailleurs, toi qui l'a emprunté à la bibliothèque, oui, TOI là-bas, tu es prié de le ramener fissa, que je puisse le prendre !)
Si vous voulez passer un bon moment, jetez-vous dessus. Et sur l'adaptation ciné tant que vous y êtes, elle est très fidèle au bouquin.

Nathan, 2012, 444 p.

jeudi 8 octobre 2015

"Journal d'une princesse T1 : la grande nouvelle" de Meg Cabot


Résumé : À quatorze ans, Mia est une collégienne new-yorkaise comme les autres. Mais le jour où elle apprend que son père, qui vit en Europe, est en réalité le prince de Genovia, une petite principauté au bord de la Méditerranée, les choses se gâtent… Voilà Mia princesse héritière ! Et ça ne lui plaît pas du tout. (source : http://www.livredepochejeunesse.com/la-grande-nouvelle-2073)

Pourquoi ce livre : Parce que c'est devenu un classique de la LJ.

Avis : C'est marrant mais quand j'ai dit à une copine bibliothécaire que je lisais ce livre, elle m'a dit "Je ne l'ai jamais lu mais je passe mon temps à le prêter". Autant le dire tout de suite, cette série est devenue un incontournable de la LJ pour filles. D'ailleurs, il doit s'agir de la 6ème réédition, au moins !
Je découvre donc les aventures de Mia Thermopolis plus de 10 ans après leur sortie. En fait, j'avais déjà passé la vingtaine à l'époque et même si mon orientation professionnelle me faisait lire beaucoup de LJ, je n'avais pas été tentée. Une chose est sûre, si j'étais tombée dessus au collège, j'aurais absolument adoré et dévoré tous les tomes d'un coup !
C'est sympa, drôle et farfelu et en même temps, il y a de vrais sujets de fonds : les relations familiales, les responsabilités, le destin qu'on se choisit... ou pas d'ailleurs, etc.
Mia est évidemment un personnage très attachant et je pense que bon nombre de lectrices ont grandi avec elle. Le tome 11 est d'ailleurs sorti il y a peu. Pour ma part, même si elle fait preuve d'une force de caractère évidente, je l'ai trouvée paradoxalement bien lâche dans bon nombre de situations. Heureusement, son sens de l'autodérision sauve souvent la mise. Et puis, impossible de ne pas se mettre à sa place et de ne pas souffrir de sa notoriété soudaine. Elle a en plus le chic pour se fourrer toute seule dans des situations pas possibles...
Les personnages qui gravitent autour d'elle apportent aussi leur dose de comique, mention spéciale à sa grand-mère d'un culot et d'un sans gêne inimaginable !!
J'ai enchaîné les trois premiers tomes car l'ensemble se lit très vite mais j'avoue avoir calé en entamant le 4ème. Je ne pense pas poursuivre l'aventure au-delà mais j'ai été ravie de croiser la route de Mia, Michael, Lilly, Tina et tous les autres.
NB : épargnez-vous l'adaptation ciné avec Anne Hathaway que j'ai prise par curiosité à la bibliothèque (l'adaptation, hein, pas Anne). Pas grand chose à voir avec le bouquin et globalement assez mal joué... Dommage !

Le livre de poche jeunesse,  2014, 288 p.



mercredi 30 septembre 2015

"La princesse des glaces" de Camilla Läckberg





Résumé : Dans la petite ville côtière de Fjällbacka, le corps d'une femme suicidée est retrouvé dans sa baignoire. Cette mort émeut profondément les habitants, dans une communauté où tout le monde se connait. Très vite, l'enquête révèle qu'il s'agit d'un meurtre. Pour Erica, qui est celle qui a trouvé le corps sans vie de son amie d'enfance Alex, arrive le temps des questions... et des confrontations.


Pourquoi ce livre : A la découverte des polars venus du froid.


Avis : A part Millenium, je n’avais rien lu de la production éditoriale foisonnante venue du nord de l’Europe en matière de polar. J’ai donc jeté mon dévolu sur le 1er opus de la série de Camilla Läckberg mettant en scène Erica Falck et Patrick Hedström.

Nous suivons donc principalement le parcours d’Erica, écrivain, qui habite dans la maison de ses parents dans la petite ville de Fjällbacka après le décès de ceux-ci. La voici mêlée bien malgré elle à une sordide histoire de meurtre. Meurtre qui de plus la touche finalement de prêt.

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas trouvé que le décor suédois apporte grand-chose. Bien sûr, l’auteur décrit la bourgade qui comporte des bâtiments typiques (on est dans une ville de pêcheurs), mais finalement, cette histoire pourrait se passer en Allemagne ou en Écosse. Je ne sais pas pourquoi mais je pensais que j’allais vraiment me sentir en Suède. Petite déception de ce côté-là.

L’intrigue policière est bien menée, il y a beaucoup de personnages qui s’entrecroisent mais on ne s’y perd pas du tout. Chacun apporte ses secrets et ses problèmes ce qui rend l’ensemble très riche. MAIS (il y a un mais), sans avoir trouvé qui était le, la ou les meurtriers (ne spoilons pas), j’ai tout de suite compris le fond l’histoire, ce qui était arrivée à Alex et même les relations complexes dans sa famille. Donc les révélations qui arrivent au fil des pages ne m’ont pas du tout scotchées dans mon fauteuil. Je suppose qu’en fait cette histoire est archi-classique car je ne lis que très rarement du policier donc mon esprit d’enquêtrice n’est pas suffisamment entraîné pour débusquer les coups tordus. Deuxième petite déception en ce qui me concerne…

En revanche, c’est très bien écrit et le fait qu’on suive tous les personnages à un moment ou un autre accélère beaucoup le rythme.

Pas sûr donc que je me jette tout de suite sur le tome 2. J’ai bien aimé ce livre mais il était beaucoup moins intense et dépaysant que ce à quoi je m’attendais.

Actes Sud, Babel noir, 2012, 512 p.

mercredi 23 septembre 2015

"Jane Eyre" de Charlotte Brontë



Résumé : Jane Eyre est une orpheline qui a d'abord grandi chez sa tante qui la méprise et la craint puis dans une institution caritative aux conditions de vie déplorables. Elle devient une jeune fille indépendante, capable de s'adapter et de se protéger. Elle postule alors à Thornfield Hall, au service de Mr Rochester, pour devenir préceptrice d'une enfant qu'il a recueillie. Lorsqu'elle tombe sous le charme du maître des lieux, elle découvre son terrible secret et doit faire le choix le plus difficile qui soit : partir, ou rester.

Pourquoi ce livre : Parce que…. La grand-mère de Mia lui conseille de le lire dans Journal d’une princesse… Oui, je sors….

http://gifsgallery.com/jane+eyre+gif?image=919649
Avis : Depuis un bon moment dans ma PAL, c’est suite à la lecture d’un autre roman (cf pourquoi ce livre) que j’ai décidé de m’y mettre. Je trouvais honteux de ne pas avoir encore découvert Jane et bien sûr, Mr Rochester.
Jane Eyre est un personnage extrêmement intéressant, au caractère riche, indépendante et fière et surtout, très respectueuse d’elle-même. Elle fait néanmoins quelques réflexions bien étonnantes, du style "I like to serve you, sir, and to obey you in all that is right". So much pour la femme indépendante ! La narration à la première personne nous fait entrer dans la moindre de ses pensées et cela rend l'ensemble très vivant. D'ailleurs, le roman se présente comme une "autobiographie".
Sa vie n'a pas été un long fleuve tranquille, à commencer par son séjour chez Mrs Reed qu’on adore détester. Elle perd plusieurs fois tous ses repères et ne peut compter que sur elle. Jane fait preuve d'une très grande maturité dès son plus jeune age, au plus grand dam de sa famille d'accueil.
L'autre personnage emblématique est bien évidemment Mr Rochester…. Que dire ? Exalté ? Passionné ? Vivant ? Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à l'opposé de Darcy, il n'hésite pas à se dévoiler. Je serais volontiers tombée sous son charme s'il n'avait pas la fâcheuse manie de ne faire que des phrases alambiquées, avec moult citations. Son manque criant de simplicité a fini par m'irriter. 
 
http://gifsgallery.com/jane+eyre+gif?image=919649

En même temps, on comprend aisément pourquoi il séduit Jane, avec sa fougue naturelle. Il reste un peu retors (je ne parle même pas du squelette dans son placard) : sa façon de rendre Jane jalouse n'est pas digne d'un gentleman. J'avoue avoir versé ma petite larme quand il la pousse à bout avec son histoire d’Irlande et qu'elle craque "Do you think, because I am poor, obscure, plain and little, I am souless and heartless ?" (mon cœur se serre encore).
Il y a un petit côté roman gothique lors de certains passages, la nuit à Thornfield Hall, avec tous ces rires étranges que Jane entend. J'ai  tiqué à la lecture de ficelles narratives tirées par les cheveux : l'explication sur la famille Rivers, le "Jane ! Jane ! Jane !" qui arrive fort opportunément.... Tout ça est vite pardonné cependant et ne constitue que du détail.
L'anglais est évidemment daté. Les références aux Saintes Écritures sont incessantes et finissent par lasser. Les notes de bas de page occupent une place énorme et je n’ai même pas commencé à chercher à les lire. Les "Mathew 8:9", no thank you...
Le livre peut être découpé en chapitres : ses années chez Mrs Reed, l'institution de Lowood, son séjour à Thornfield, son départ précipité et son arrivée chez les Rivers. Chacun apporte son lot de personnages que j'ai trouvés généralement très manichéens. 
 
http://bggyyy.tumblr.com/post/60962737321/jane-eyre-2011

Il s'agit d'un très bon classique que je suis ravie d’avoir lu même si les dialogues sont datés et manquent globalement de simplicité. La langue est cependant très belle et l'histoire redoutablement prenante.

(NB : les images proviennent de l'adaptation avec Mia Wasikowska et Michael Fassbender que j'ai vue et beaucoup aimée)

Penguin Classics, 2006, 578 p. 

dimanche 13 septembre 2015

"Coup de gigot" de Roald Dahl



Résumé : Une femme bafouée se sert habilement d'une partie de son repas pour assouvir sa vengeance. Une épouse, angoissée à l'idée d'arriver en retard à l'aéroport, aura sa revanche sur son mari qui la retarde volontairement. Une responsable de bed and breakfast ne loue ses chambres qu'à de jeunes étudiants propres sur eux. Un homme accepte qu'une expérience scientifique soit menée sur lui après sa mort, pour le plus grand avantage de son épouse.

Pourquoi ce livre : reçu en service de presse au boulot, cela faisait un moment que je voulais lire des nouvelles de Roald Dahl.

Avis : De l'auteur, pourtant prolixe et devenu classique, je n'ai pas lu grand chose : Matilda et Charlie et la Chocolaterie constituent l'ensemble du butin. Autant dire que je ne suis pas une experte. J'avoue que je suis plus familière des dessins de Quentin Blake qui accompagnent souvent les textes. J'ai donc lu sans trop savoir à quoi m'attendre ce recueil de nouvelles.
J'ai été absolument emballée par les ambiances un peu sombres et l'humour grinçant (voir glacial) qui se dégage des textes. On est dans du policier, du fantastique, avec de petites touches d'épouvante très savamment introduites. Alors attention, rien de gore ou de spectaculaire, tout reste suggéré, au lecteur de s'imaginer le pire. "William and Mary", le dernier texte, m'a fortement rappelé Herbert West, reanimator, par son côté expérience scientifique douteuse.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Roald Dahl a une vision assez particulière du mariage puisque dans trois histoires sur quatre, nous avons affaire à des couples plutôt mal assortis. En même temps, à chaque fois, la femme prend sa revanche sur un mari plus ou moins pervers (dans le sens : qui aime pousser à bout ou faire des remarques). J'y vois un côté féministe !
L’ensemble est très bien écrit, l'anglais est facile à lire. Il y a des notes de bas de page avec le vocabulaire qui pourrait poser problème.
Une petite lecture très rapide et très sympa qui m'a donné envie de découvrir plus avant la bibliographie de l'auteur.


Folio Junior, V.O., 2015, 114 p.

mercredi 26 août 2015

"La liste" de Siobhan Vivian



Résumé : C'est le dernier lundi de septembre au lycée de Mount Washington, ce qui veut dire que "la liste" est parue. Affichée dans tout l'établissement, elle désigne 8 filles, 2 par niveau, la "moche" et la "belle". Pour Danielle, Abby, Candace, Lauren, Sarah, Bridget, Jennifer et Margo qui y voient leur nom, le temps s'arrête. Elles se préparent à vivre la semaine la plus difficile de leur existence.

Pourquoi ce livre : à la recherche d'une lecture légère pour tourner la page de Assassin's apprentice, je l'ai pris à la BM sur la table des nouveautés.

Avis : Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu de la littérature ado, le moment était venu. J'ai entendu parler de ce livre à la fois sur la blogosphère et dans la presse professionnelle, du coup je n'ai pas hésité quand je l'ai vu. Je ne m'attendais à rien de grandiose, mais contre toute attente, j'ai été très agréablement surprise.  Bien sûr, les filles de la liste ont toutes un côté un peu cliché, mais on l'oublie vite passé les premiers chapitres.
En effet, leur psychologie et celle de leur entourage est bien développée, leur évolution sur la semaine est tout à fait crédible. J'ai d'ailleurs vraiment aimé la narration, un chapitre par fille avec un découpage par jour de la semaine, du lundi - découverte de la liste en arrivant au lycée, au samedi - bal de la rentrée. Chacune prend une claque, qu'elle soit positive ou pas. On comprend vite qu'être nommée "belle" n'est pas forcément un cadeau et que la catégorie "moche" est plus fourre-tout qu'autre chose. Le choc est cependant très rude pour certaines, qui s'enfoncent avant de remonter... plus ou moins. Des thèmes chers aux romans ados sont abordés : la pression du groupe, l'image de soi, le rapport à la nourriture, le respect de soi et des autres, les relations avec la famille...
On voit ainsi une jeune fille timide jusqu'alors effacée devenir malgré elle la nouvelle coqueluche parce qu'elle est "belle" sur la liste. Une autre retomber dans les travers de l'anorexie, persuadée que sa bonne place est dû au fait qu'elle a perdu beaucoup de poids. Une autre un peu garçon manqué qui sera rejetée par son copain qui n'assume pas son statut de "moche". Tout ça est très bien amené.
Je regrette juste que les adultes n'aient pas un rôle plus présent, ils sont plus là en toile de fond alors qu'ils pourraient jouer un grand rôle.
Le décor est très US, avec sa high school, son équipe de football américain et de pom-pom girls, son bal. Il serait tout à fait transposable en France mais pour moi, ce genre de débilité (la liste) se ferait plus dans un collège que dans un lycée. Même si on à tous connu des "cas" capables de sortir ce genre de document au lycée, on s'est calmé un minimum et on a - un peu - mûri. Enfin j'aime à le croire...
La page se tourne le samedi soir avec la révélation de qui est l'auteur de la liste et pourquoi les filles y figurent. Ça ne m'aurait pas gênée de suivre leur évolution sur une année scolaire puisque tout se déroule en septembre. 
A noter donc, si le thème vous intéresse !


Nathan, 2013, 405 p.

vendredi 21 août 2015

"Assassin's apprentice" de Robin Hobb




Résumé : Fitz est le fils bâtard du Prince Chivalry, élevé par le responsable des écuries royales. Craint ou haï par tous, il grandit dans une solitude certaine. Le roi Shrewd (Rusé) décide cependant de s'arroger ses services en tant qu'assassin. En effet, le royaume des Six Duchés est confronté à une menace terrible venue d'outre-mer et un garçon de sang royal pourrait être un atout majeur dans la lutte contre les pillages sauvages.

Pourquoi ce livre : Déniché dans la bibliothèque parentale alors que j'étais à la recherche de fantasy pour les vacances.

Avis : J'ai mis longtemps à rédiger cet avis, parce que je voulais vraiment prendre le temps de rendre justice à ce roman absolument magistral que tout amateur de fantasy devrait lire. A chaque fois que je l'ai sorti dans un lieu public, des gens sont venus me voir en me disant "Ah, vous lisez ça, c'est quel tome ?, vous verrez c'est vraiment bien, il y a une suite, je les ai tous lus..." Impressionnant !
La première chose qui frappe, c'est la qualité de l'écriture. C'est extrêmement bien écrit, littéraire sans être aride ou obscur, d'une richesse incroyable. Je ne sais pas ce que donne la traduction mais je me suis absolument régalée en VO. 
Ici, pas de dragons, d'elfes ou autres créatures merveilleuses. Des éléments surnaturels sont distillés ça et là mais il ne s'agit pas d'un roman d'aventure "fantasiesque" (même si Fitz, le héro, a sa part de voyage et de rebondissements). L'univers créé par Robin Hobb est cependant dense et ses descriptions m'ont fait voyager, notamment celles de la ville de Buckkeep grâce auxquelles j'ai pu sentir l'air iodé du grand large plus d'une fois.
Impossible de ne pas vous parler de mon coup de coup absolu pour le (anti-) héro, Fitz, plus communément appelé "the Boy" (le garçon). Bâtard princier bien embarrassant pour tout le monde, il sera élevé et éduqué tant bien que mal par ceux à qui on l'a confié. Solitaire par la force des choses, la solitude qui l'entoure est assourdissante. De part sa position, personne ne peut s'attacher à lui ou le favoriser. Quelques personnages lui tendront cependant la main pour le plus grand bonheur de la lectrice que je suis. Je ne vous narre pas les épreuves qu'il doit endurer mais disons que d'autres auraient claqué la porte depuis bien longtemps. Ça commence à 6 ans quand son grand-père maternel le rammène au château de son père pour l'y laisser définitivement "Je paie pour lui depuis 6 ans, à l'autre maintenant de prendre ses responsabilités". Sympa.
Fitz se révèle particulièrement doué pour certaines tâches qu'on lui confie, notamment quand il s'agit de s'occuper d'animaux. Il possède en effet un don maudit très particulier, celui de communiquer avec eux et de ressentir leurs émotions. Il s'essaie aussi à une sorte de télépathie, the Skill, utilisée par les puissants pour communiquer des informations confidentielles à travers tout le royaume. L'apprentissage de cette technique sera pour lui un véritable calvaire. J'ai souffert avec lui !
La galerie de personnages qui l'entoure est elle-aussi très étoffée, avec mon deuxième coup de cœur pour Burrich, stablemaster de son état (responsable des écuries royales), qui l'a pris sous son aile bien malgré lui lors de son arrivée au château. Personnage bourru - sans mauvais jeu de mot avec son nom - il noue avec l'enfant une relation compliquée, très bien décrite mais aussi très belle.
Je pourrais aussi parler de Patience, Molly, Verity, Regal, Chade et Lady Thyme, mais cette chronique serait bien trop longue...
L'intrigue se met en place dans ce premier tome (il s'agit à la base d'une trilogie, The Farseer) et j'ai hâte d'en apprendre plus sur ces mystérieux bateaux rouges qui ravagent les cotes.
Il s'agit pour moi d'un énorme coup de cœur, je ne saurais que trop vous le conseiller. Si vous n'en lisez qu'un en fantasy cette année, que ce soit celui-là !! J'ai d'ailleurs du mal à m'en remettre...


Bantam books, 1996, 433 p. (traduit en français chez J'ai Lu)

lundi 10 août 2015

"Le festin d'Alice" de Colin Thibert




Résumé : La police parisienne fait une descente dans un appartement ravioli, les voisins n'en pouvant plus de ces odeurs immondes empestant les cages d'escaliers. Dépêchée sur les lieux pour faire des prélèvements, Alice, jeune et splendide inspectrice de la DGCCRF (répression des fraudes et de la concurrence...) découvre dans un frigo des documents qu'elle n'aurait pas dû trouver. Sa trouvaille va déclencher une série d'évènements en cascade et lui faire prendre conscience que parfois, il est beaucoup plus payant d'être malhonnête. (qu'elle croit !)

Pourquoi ce livre : Dans ma PAL depuis un siècle au moins. Pendant l'été, je "déstocke" un peu...

Avis : Nous voilà plongé dans une sombre affaire de mafia chinoise sur fond d'appartement ravioli. Ceux qui n'apprécient pas spécialement les nems et autres "canards aux cinq parfums" ne risquent pas d'être plus motivés à la fin de la lecture. En effet, dans les remerciements liminaires, on voit que l'auteur s'est renseigné sur des pratiques de... cannibalisme ! Je vous laisse imaginer la suite. ^^
L'organisation de cette mafia est basée sur le jeu de mahjong, avec le mystérieux Hiver en haut de la pyramide. On comprend que son activité est absolument tentaculaire et dépasse les frontières françaises. Ce roman offre une place de choix à la communauté chinoise de Paris, avec ses clandestins et ses histoires individuelles parfois sordides ou déchirantes mais aussi sa solidarité.
Les chapitres se basent sur une alternance des points de vue entre les différents personnages. Il y en a beaucoup, mais on ne s'y perd pas. Chacun a sa place, même si elle n'occupe que quelques paragraphes (exemple du tueur à gage en provenance de Hong Kong). Cela rend l'ensemble vivant et enlevé, même si la psychologie n'est pas spécialement des plus fouillée.
Je n'ai de personnage coup de cœur, ils ont tous un côté un peu minable, loseur. Mais ça les rend plus réalistes !
Il y a un très bon rythme, on a envie de savoir la suite. Cette histoire se lit vite, le style n'est pas spécialement exigeant ou littéraire mais l'ensemble est très bien écrit. Il y a aussi pas mal d'humour, même si ce n'est pas un livre "comique".
Une découverte sympa, je suis contente !


Fayard, Fayard Noir, 2009

lundi 3 août 2015

"Train perdu, wagon mort" de Jean-Bernard Pouy




Résumé : Un train couchette s'arrête en pleine nuit, en rase campagne. Les occupants du wagon de queue ne tardent pas à réaliser qu'ils ont été détachés du reste du train et qu'ils sont donc seuls au milieu de nulle part. L'attente pour les secours commence mais quand ces derniers tardent à venir, certains passagers commencent à céder à l'angoisse. D'autres décident de partir à pied le long des rails pour rallier la prochaine gare. Pendant ce temps, des avions de chasse sillonnent le ciel...

Pourquoi ce livre : Depuis un moment dans ma PAL...

Avis : Ce livre commence doucement, dans une atmosphère un peu "bon enfant". Les passagers prennent leur mal en patience. Puis petit à petit, des éléments angoissants viennent refroidir l'ambiance et faire comprendre que la situation est sans doute beaucoup plus compliquée que prévu.
On glisse alors subtilement dans le survival.
Pays fictif choisi comme décor, la Zoldavie a un nom qui sonne comme un pays de l'Est. François, le narrateur, est professeur de géopolitique et il sait que sa position sur la scène internationale ne présente pas de conflit particuliers. Mais en même temps, pourquoi est-il chargé d'amener à d'obscurs personnages des documents top secrets ? Les passagers du train sont-ils bien tous là par hasard ?
Beaucoup de choses sont ébauchées, créent un climat particulier par petites touches mais ne permettent pas du tout d'avoir une vue d'ensemble de la situation. De toute façon, comme dans tout bon survival, les téléphones ne passent évidemment pas donc personne ne peut se renseigner.
La résistance s'organise, avec son meneur, ses dissensions, ses arrangements que créent la promiscuité. Un groupe se forme mais ne peut rester uni face à l'inconnu : certains décident de partir. Le décor du wagon de train fini par apporter une petite touche incongrue à l'ensemble, tout seul sur ces rails perdus dans la campagne.
J'ai beaucoup aimé la narration, du point de vue de François donc, qui reste quand même calme malgré quelques accès de panique fort justifiés. Il n'y a pas de temps mort, même si ce n'est pas non plus un roman d'"action". Ce que tente le groupe est crédible, on n'est pas dans la science-fiction et cela renforce vraiment le sentiment de réalité et donc de malaise parfois pour le lecteur.
Petit bémol, la fin "en eau de boudin", qui n'apporte pas de réponse et qui du coup a généré pas mal de frustration de mon côté.
Une lecture rapide et divertissante que je vous recommande !

Points roman noir, 2008, 160 p.

vendredi 24 juillet 2015

"The Rosie Project" de Graeme Simsion






Résumé : Don est un brillant professeur de génétique. Un peu étrange, à la marge, il décide qu'il est temps de trouver une femme et crée le questionnaire pointu "The Wife Project" pour sélectionner des candidatures potentielles. Sa route va alors croiser celle de Rosie qui va bouleverser à jamais son existence. Et pourtant, elle ne répond à AUCUN de ses critères... (et non, ne vous laissez pas avoir, ce n'est pas une comédie romantique).

Pourquoi ce livre : J’ai lu sur plusieurs sites anglais que ce livre avait été élu « Paperback of 2014 » et qu'il figurait régulièrement sur des listes de lectures feel-good. Mes vacances approchant, j’avais envie de lire un truc léger, je me suis donc laissé tenter.

Avis : Pour faire bref, j’ai agonisé. Littéralement. Je suis quand même arrivée au bout de ce roman mais je me demande encore où j’ai pu trouver la force mentale de le faire. Rien ne m’a séduit. Rien.
Les personnages pour commencer… Don est pourtant un héros atypique puisqu’ on devine rapidement que quelque chose ne tourne pas rond chez lui. Manie des listes, emploi du temps à la minute près, aucun sens de l’humour, relationnel compliqué, mais en même temps, brillant scientifique. On finit par deviner qu’il est atteint du syndrome d’Asperger. J’avais été absolument emballée par  Le bizarre incident du chien pendant la nuit qui traitait un peu du même thème donc c’est plutôt curieuse que j’ai commencé à tourner les pages. C’est en effet Don le narrateur. Mais là, catastrophe. Aucune finesse dans l’histoire. Don n’est juste pas attachant.
Et c’est pareil pour tous les autres : Rosie, qui donne son titre au roman, dont la personnalité m’a donné de l’urticaire. Gene, le seul ami de Don, cliché au possible. Seule Claudia, la femme de Gene, arrive à tirer son épingle du jeu. Sachant qu’elle n’apparaît que brièvement et 3-4 fois, pas plus, autant vous dire que j’ai trouvé le temps long….
Le projet Rosie, quant à lui (qui consiste pour Rosie à découvrir à l’aide tests génétiques qui est son père biologique parmi 100 candidats potentiels) donne lieu à des situations tellement ridicules que je ne m’y suis pas intéressée. Je n’ai ni compati avec les problèmes existentiels de la jeune femme, ni adhéré aux méthodes choisies. Et même temps, au bout du 2ème test, j’en ai eu marre et le résultat m’indifférait complètement. Alors quand il arrive enfin, à la dernière page, on se dit juste "Ah ouais, c'est lui. Bof".
Bref, une lecture plus que décevante (encore une autre). Je ne me ferai plus avoir par la pub, ça c’est clair. En attendant, FUYEZ !

 Penguin Books Ltd, 2014, 352 p.