samedi 28 novembre 2015

"The silkworm" de Robert Galbraith (aka J.K. Rowling)




Résumé : Cormoran Strike, détective privé londonien, est chargé par la femme de l'écrivain Owen Quine de retrouver ce dernier. Disparaître quelques jours est dans les habitudes de l'auteur, mais là, le temps passe. L'enquête se complique quand le dernier manuscrit de Quine fait surface et que c'est une véritable bombe pour le petit monde de l'édition. Et quand l'écrivain rencontre une mort aussi atroce que grotesque, il est clair que le tueur va donner du fil à retordre notre enquêteur.

Pourquoi ce livre : Parce que j'avais beaucoup apprécié le 1er opus de la série, The cuckoo's calling.

Avis : J'ai retrouvé avec grand plaisir le détective Cormoran Strike qui est en passe de devenir un de mes personnages de fiction favoris. Je n'ai pas été déçue par ce tome, dans une intrigue qui s'éloigne bien de la première. Enfin, oui et non. Dans The cuckoo's calling, on était plongé dans le microcosme de la mode. Là, c'est le monde de l'édition qu'il nous est donné de voir, avec ses alliances, ses rancœurs, ses écrivains vedettes et ses éditeurs peu scrupuleux. Les relations et les interactions des personnages les uns avec les autres sont extrêmement bien menées et bien amenées.
Il y a une belle galerie de protagonistes et il m'a été parfois difficile de me souvenir de qui était qui parmi tous ces noms (la fatigue....). Cela permet bien évidemment de multiplier les (fausses) pistes et J.K Rowling nous mène bien par le bout du nez jusqu'au dénouement. L'horreur de la mise en scène du meurtre intrigue bien évidemment car devant tant d'acharnement, on se demande vraiment qui peut être assez dérangé pour faire ça. Ma théorie du début s'est révélée complètement fausse d'ailleurs ! La fin est un peu tirée par les cheveux, notamment la façon dont Cormoran assemble toutes les pièces du puzzle, mais je pardonne ce léger défaut qui n’entache pas le reste du roman.
Les amateurs de thrillers haletants peuvent passer leur chemin, il s'agit d'une histoire "old school", qui prend son temps. Pas de suspense, ni cliffhanger.
Cormoran est un personnage qui j'apprécie de plus en plus au fil des pages. Il a de l'épaisseur, est sensé et se montre imperturbable dans beaucoup de situations mais il possède cependant ce talon d'Achille nommé Charlotte qui le rend terriblement humain. Can't wait for more ! Je rêve d'ailleurs d'une adaptation ciné....
Comme disent nos voisins les anglais, il s'agit d'un excellent whodunit. Je recommande ! Le charisme du personnage principal est la cerise sur la gâteau.

Sphere, 2014, 580p. (paru en fraçais en Livre de poche en 2015)

vendredi 20 novembre 2015

"Four" de Veronica Roth



Résumé : Comment en pourquoi Four a-t-il décidé son transfert des Altruistes aux Audacieux ? Qu'est-il réellement arrivé à sa mère ? Comment ressent-il la montée en puissance des Erudits ? Autant de réponses auxquelles ce tome consacré à l'un des personnages principaux de Divergente apporte.

Pourquoi ce livre : Parce que j'ai beaucoup aimé la serie Divergente et notamment le personnage de Four (Quatre).


Avis : Attention, des spoilers peuvent se glisser dans les prochaines lignes pour ceux qui n'ont pas lu la trilogie de Veronica Roth !
Parallèle intéressant avec la série d'origine, ce tome nous offre une fenêtre sur la vie et les sentiments de Tobias Eaton, alias Four. Les histoires qu'il contient peuvent se lire à la suite de Divergente car elle ne dévoile rien de la suite de la trilogie.
Je craignais l'opportunisme éditorial, on y échappe dans la mesure où il ne s'agit pas d'une réécriture de Divergente du point de vue de Four, contrairement à Midnight Sun de Stephenie Meyer qui relatait Twilight du point de vue d'Edward (rendons d'ailleurs hommage à S. Meyer qui a initié la première la mode de ces réécritures). On se concentre plutôt sur la vie de Tobias AVANT sa rencontre avec Tris ce qui permet de cerner un peu mieux le personnage. Tant mieux car j'avais peur de lire quelque chose de dégoulinant et de sirupeux centré sur la relation des deux personnages principaux de la série.
Four n'a pas eu une vie jolie-jolie avant son transfert, entre un père qui le battait "pour son bien" et une mère soit-disant morte. Son arrivée chez les Audacieux est un choix par défaut, pour survivre plus qu'autre chose. C'est bien la raison pour laquelle il n'est jamais vraiment rentré dans le rang de sa nouvelle famille. On réalise très rapidement qu'il mène sa propre enquête sur les liens Audacieux - Erudits et qu'il n'aime pas ce qu'il y trouve. D'autant plus que quelques morts suspectes parmi ses connaissances viennent renforcer sa paranoïa.
J'aime beaucoup le personnage de Four qui est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Il fait des erreurs mais essaie malgré tout d'aller de l'avant. Mon petit coeur se serre en pensant à la fin du tome 3...
Seule la dernière des 4 nouvelles fait apparaître Tris puisqu'elle a lieu lors du jour des visites. A la fin de l'ouvrage figurent 3 courtes scènes réécrites du point de vue de Four où elle a plus de place. 
Cette lecture est à réserver aux fans de la série, les autres peuvent parfaitement se contenter de lire l'histoire standard.
NB : une fois de plus, je m'insurge contre le prix de ce livre en France. Il est vendu au même prix que les trois autres tomes, soit 16,90 €, alors qu'il est beaucoup moins dense et beaucoup moins fouillé. Là on est dans le mercantile pur et ça me hérisse le poil !!


Harper Collins, 2014, 285 p.

mercredi 11 novembre 2015

"Un assassinat de qualité" d'Ann Granger



Résumé : Londres, fin du XIXème siècle. Le corps d'Allegra Benedict, femme d'un riche marchand d'art, est retrouvé dans Green Park alors que le fog londonnien se dissipe. Que faisait cette épouse privilégiée dans un tel endroit ? Pourquoi avait-elle décidée de revendre un bijou de famille quelques heures auparavant ? L'inspecteur Ben Ross de Scotland Yard mène l'enquête. Son épouse Lizzie fait quant à elle d'étranges découvertes en lien avec le meurtre. 

Pourquoi ce livre : Il me tardait de retrouver Benjamin Ross et Elizabeth Martin dans l'environnement londonien.

Avis :  Cette fois-ci, c'est surtout Benjamin qui mène l'enquête et tant mieux car c'est beaucoup plus cohérent ! J'aime beaucoup sa façon d'appréhender les problèmes et je le trouve d'une rigueur toute rassurante pour un représentant des forces de l'ordre. Le voici marié à Lizzie, sans que l'auteur ne s'appesantisse sur cette relation. Il s'agit de romans policiers avant tout. J'ai quand même bien aimé les coups d'oeil jetés à leur intérieur et à leur quotidien.
Il est toujours autant question de différences entre les classes et entre les sexes. Le traitement réservé aux femmes, qu'importe leur milieu social, ne fait pas spécialement envie. On les regarde toujours avec suspiçion, au mieux, avec condescendance.
Le personnage du révérend Fawcett est à mes yeux sous-exploité alors qu'on comprend rapidement qu'il est une pièce maîtresse sur l'échiquier de l'enquête. Sa psychologie n'est que survolée, tout du moins elle n'est vue qu'à travers le prisme d'autres personnages (Lizzie, Ben, Bessie, etc). J'aurais apprécié qu'il ait droit à plus de place dans l'intrigue.
Cette dernière est bien traitée, jusqu'au bout on se demande qui est responsable de quoi. Ce n'est pas non plus quelque chose de révolutionnaire même si la trame est bien ficelée. L'ambiance du fog londonien rajoute une couche de mystère un peu oppressante.
Cette lecture n'a pas été désagréable mais à l'issue du tome 3, je trouve qu'il lui manque un petit supplément d'âme qui me ferait vraiment m'enthousiasmer. Je trouve que la série n'apporte pas grand chose au genre malgré deux personnages principaux très intéressants. Dommage !


10/18, Grands détectives, 2015, 355 p.