jeudi 24 mars 2016

"Avant toi" de Jojo Moyes



Résumé : Louisa vient de perdre son travail comme serveuse dans un coffee shop. Elle doit donc rapidement en trouver un autre car sa famille compte sur son soutien financier pour vivre. Après une série de mauvaises expériences, elle se présente pour un poste d'aide auprès d'un homme tétraplégique. Alors qu'elle imaginait un vieillard en fauteuil, elle se retrouve devant un homme à peine plus âgé qu'elle, animé d'une rage certaine. Les premiers échanges sont explosifs puis petit à petit, chacun va apprivoiser l'autre et le changer. Mais Will Traynor n'est pas un patient comme les autres et le fait que Louisa n'ait signé qu'un CDD de 6 mois n'est pas sans raison.

Pourquoi ce livre : Je suis tombée sur la bande-annonce du film par hasard, elle m'a plu et j'ai donc décidé de lire le livre avant d'aller au ciné (en juin !).

Avis : Autant le dire tout de suite, quand vous arriverez à 50 pages de la fin, installez vous avec une boîte de mouchoirs à portée de main. En commandant ce livre, je n'avais aucune idée du dénouement, jusqu'à ce que je vois la couverture. Et là, patatras, il est indiqué qu'une suite s'appelle After you. Voilà qui n'augurait rien de bon ! (une fois encore, merci aux éditeurs de vendre la fin aux lecteurs non avertis....).
Bref, il s'agit donc d'une histoire qui ne finit pas très bien, vous voilà prévenus. Enfin, pas très bien oui et non car finalement, c'est l'histoire d'une libération. Celle de Will, mais aussi celle de Louisa.
J'ai beaucoup ri dans la première partie car Will et Louisa sont opposés par la vie et le caractère ce qui donne lieu à des scènes pleines d'humour. On s'attache très vite à ces deux anti-héros, dépassés par ce qui leur arrive. Il ne s'agit pas du tout d'un livre romantique dans la mesure où Louisa a un petit copain mais la relation entre les deux protagonistes évolue au fil des pages. J'ai beaucoup aimé suivre l'évolution du duo, Will qui sort de sa coquille, retrouve le sourire et le goût de la conversation, Louisa qui comprend qu'elle a du potentiel qu'elle gâche sûrement en restant dans sa petite ville et sa zone de confort. Il s'agit de l'histoire d'une belle rencontre. Éphémère mais très belle.
Les personnages secondaires ont tous leur importance et ne sont pas juste des accessoires dans le fond pour meubler les pages. La relation entre Louisa et sa sœur est ainsi très intéressante.
La fin ne m'a pas étonnée ou déçue, je n'en souhaitais pas une autre. C'est la plus logique, la plus belle aussi quelque part.
Sans aucune lourdeur ou moralisation, des thèmes sérieux sont abordés. Bien évidemment, celui du handicap et avec lui, celui de la dépendance aux autres, de la vie subordonnée aux soins médicaux, des douleurs permanentes, du corps réduit à un objet manipulé. Mais également le thème du suicide assisté. Ouais, c'est très fun tout ça ! Comment ne pas se mettre à la place de Will ? Mais aussi à celle de sa famille ? Comment faire face au terrible choix d'un proche, même si cela va à l'encontre de ses convictions personnelles ? Tout cela est fait avec beaucoup de pudeur, sans prise de position, nous ne sommes pas dans le larmoyant mais plutôt dans le factuel.
Ce n'est pas de la grande littérature, je comprends que cela puisse en rebuter certains mais je recommande chaudement cette lecture qui envers et contre tout possède un côté feel-good. Une fois ce livre refermé, Louisa et Will sont restés longtemps avec moi. Je me suis d'ailleurs surprise à relire quelques passages.

J'ai hâte de voir le film qui va sortir, même si la perspective de pleurer comme une madeleine et de renifler bruyamment en plein ciné ne m'enchante pas. La BA fait penser à un drame romantique alors que ce n'est pas franchement ça pour une bonne partie du livre. Le casting en tout cas m'a l'air parfait et visiblement, c'est Jojo Moyes elle-même qui a signé le scénario. Il ne devrait donc pas prendre trop de libertés par rapport au livre.



Penguin, 2012, 497 p. (traduit en français chez Milady)

lundi 14 mars 2016

"Entre chien et poulpe" de Martin McKenna



Nouveau coup de cœur pour cet album que j'ai découvert à l'occasion d'un salon.
Nous y faisons la connaissance d'Edgar, petit garçon qui rêve d'avoir un chien pour participer à un concours de dressage. Mais c'est Jarvis, un poulpe, qu'il reçoit en cadeau.
Jarvis est absolument extraordinaire, doué et drôle, mais voilà, ce n'est pas un chien et Edgar est malheureux.
Le ton est donné dès l'intérieur de la couverture : ce livre ne se prend pas au sérieux ! Jarvis est un personnage extrêmement attachant et on en a envie de dire à Edgar qu'il ferait mieux de profiter de la chance qu'il a au lieu de pester contre son compagnon à 8 pattes.
Les illustrations sont de toute beauté, l'humour omniprésent et la fin permet aux jeunes lecteurs de réfléchir à la différence.
Les références sont américaines, ainsi les costumes de pompier, policier et même prisonnier ne correspondent pas à ce que les enfants voient chez nous mais ce n'est pas très grave.
J'étais conquise dès la couverture, impression positive qui s'est maintenue tout le long de la lecture. J'avoue ne pas être totalement objective car j'adore les octopodidés... Je vous présente d'ailleurs Ginette, pieuvre de mon fils aîné (et donc forcément cousine de Jarvis !).
Un album que je vous recommande chaudement ! (à partir de 3 ans je dirais).



Le Père Fouettard, 2014, 28 p.

mercredi 9 mars 2016

"La jouissance" de Florian Zeller



Résumé : Nicolas et Pauline, jeunes trentenaires parisiens, s'aiment. Mais quand Pauline présente à sa moitié son  amie Sofia, le doute s'installe dans la tête du jeune homme : s'est-il piégé trop tôt dans une relation ? Est-il encore libre ? Face au changement d'attitude de son conjoint, Pauline elle aussi va traverser une  remise en question amoureuse.

Pourquoi ce livre : dans ma PAL depuis au moins 3 ans, il s'agissait d'un des livres de la rentrée littéraire 2012.

Avis : Le titre s'explique au fil de la lecture. Un brin racoleur, j'ai eu peur suite à certaines scènes de sexe du début qui n'apportent pas grand chose (à part un côté voyeur). Mais cela s'améliore un peu par la suite. J'écris "un peu" parce que l'ensemble n'a rien de réjouissant. Il s'agit plutôt de la chronique d'une mort annoncée, celle d'un jeune couple.
D'emblée, je n'ai ressenti aucune empathie pour les deux personnages, je n'ai pas compris leur questionnement après seulement 2 ans de vie de couple. J'avais l'impression d'être devant deux personnes qui font la crise de la quarantaine, pas du tout face à de jeunes bobos parisiens.
Bien sûr, ce roman soulève des questions essentielles sur la vie de couple mais cela a déjà été traité de nombreuses fois et beaucoup mieux. J'ai par exemple beaucoup apprécié la lecture grinçante de La bonté mode d'emploi de Nick Hornby, qui a eu le mérite de me faire rire.
Le parallèle entre ce que vit le couple et la construction de l'Europe est original et distrayant. Mais c'est bien tout. Les références au cinéma de la Nouvelle Vague m'ont laissée de marbre car ce n'est pas un courant qui m'intéresse (pas bien !!). Je ne possède sans doute pas les références nécessaires pour apprécier les citations qui ponctuent le texte.
L'ensemble est sauvé par la style de Florian Zeller, car c'est fluide et plutôt bien écrit.
Je suis visiblement passée à côté de ma lecture mais je ne doute pas qu'elle puisse plaire. En tout cas, elle a le mérite de se lire facilement.
Je suis preneuse d'autres titres de Florian Zeller pour exorciser celui-là !

Gallimard, 2012, 159 p.